Politique

Les États-Unis sanctionnent cinq responsables centrafricains dont les ex-présidents Bozizé et Djotodia

| Par Jeune Afrique
L’ex-président centrafricain Michel Djotodia (centre gauche)le 10 janvier 2014, à N’Djamena.

L'ex-président centrafricain Michel Djotodia (centre gauche)le 10 janvier 2014, à N'Djamena. © AFP

Trois jours après les sanctions prises par le Conseil de sécurité de l’ONU, le président des États-Unis, Barack Obama, a décidé mardi de geler les biens de cinq responsables centrafricains, dont François Bozizé et Michel Djotodia. L’entrée sur le territoire américain leur sera refusée.

L’ancien président centrafricain et ex-chef de la coalition Séléka, Michel Djotodia, avait échappé aux sanctions prises vendredi par le Comité des sanctions, qui dépend du Conseil de sécurité de l’ONU. Il est en revanche visé par une autre série de sanctions, prises cette fois-ci par les États-Unis. François Bozizé, Levy Yakété et deux dirigeants de l’ex-Séléka, Nourredine Adam et Abdoulaye Miskine, le sont également.

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En prenant cette décision, le président Barack Obama veut faire passer le "message fort que l’impunité ne sera pas tolérée et que ceux qui menacent la stabilité de la République centrafricaine devront faire face à des conséquences", a affirmé mardi 13 mai le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

Aux termes du décret, ces cinq responsables verront leurs éventuels biens aux États-Unis gelés. L’entrée sur le territoire américain leur sera refusée. Barack Obama Obama a en outre décidé de mettre en place un cadre de sanctions potentiellement plus étendues, en constatant que la situation en Centrafrique constitue "une menace (…) contre la sécurité et la politique étrangère des États-Unis".

"Nous exhortons toutes les parties à mettre fin aux violences, à faire en sorte que justice soit rendue et que ceux qui ont commis des violations des droits de l’homme rendent des comptes, a ajouté Jay Carney dans un communiqué. Les États-Unis continuent à travailler avec la communauté internationale (…) et les autorités de transition de la République centrafricaine pour mettre le pays sur la voie d’une amélioration de la situation".

"Nous sommes solidaires des personnes courageuses qui continuent à appeler à la paix et à la réconciliation", a ajouté le porte-parole.

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François Bozizé, Levy Yakété et Nourredine Adam étaient déjà visés par des sanctions prises vendredi par le Comité des sanctions de l’ONU. Ils sont accusés "d’avoir commis ou soutenu des actes qui vont à l’encontre de la paix, de la stabilité et de la sécurité en République centrafricaine".

Selon le Comité, Bozizé, renversé par la Séléka en mars 2013, "fournit un soutien matériel et financier à des miliciens (…) qui cherchent à le ramener au pouvoir", des anti-balaka et d’anciens membres de l’armée centrafricaine.

Les forces qui lui sont loyales mènent "des représailles contre la population musulmane". Proche de Bozizé avant le coup d’État, Levy Yakété est, lui, accusé d’avoir ordonné l’arrestation de personnes liées à la Séléka et d’avoir organisé la distribution de machettes à de jeunes chrétiens au chômage pour attaquer les musulmans.

Enfin, Nourredine Adam avait pris après le coup d’État la tête des services de renseignement du nouveau régime, se rendant coupable selon l’ONU d’arrestations arbitraires, de tortures et d’exécutions sommaires. Il "dirige activement" les anciens rebelles et supervise les attaques contre les quartiers chrétiens, selon le Comité qui l’accuse aussi d’avoir participé à un trafic de diamants entre la RCA et le Tchad.

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(Avec AFP)
 

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