Société

Des dizaines de journalistes interpellés lors d’un rassemblement à Khartoum

Près de 70 journalistes soudanais ont été interpellés par la police pendant un rassemblement pacifique contre la censure devant le Parlement à Khartoum, selon des témoins et journalistes.

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Mis à jour le 17 novembre 2008 à 11:17

Des dizaines de reporters s’étaient rassemblés le matin pour exiger l’adoption d’une loi sur la liberté d’expression, comme la Constitution provisoire soudanaise le stipule.

Un membre du Parlement est venu parler aux manifestants. Une fois le député parti, la police les a entassés dans deux camions. Ils ont ensuite été conduits vers un poste de police d’Omdurman, la ville jumelle de Khartoum.

"Nous sommes environ 70 journalistes à être détenus dans le poste de police d’Omdurman", a affirmé à l’AFP Mourtada el-Ghali, le rédacteur en chef du quotidien Ajras al-Horriya.

"Nous nous trouvons dans une pièce, assis par terre. Ils ont pris nos noms", a-t-il ajouté, précisant que 27 femmes figuraient parmi les détenus.

"Nous avons été traités de manière très dure. Ils nous ont obligés à nous asseoir dans le camion. Nous étions plus de 70, il n’y avait pas assez de place", a-t-il ajouté avant que la communication ne soit coupée.

D’après deux témoins, le nombre de journalistes arrêtés est de 60 à 65. Deux autres journalistes ont affirmé que 100 de leurs collègues avaient été interpellés.

La police n’était pas joignable dans l’immédiat.

Début novembre, plusieurs dizaines de journalistes avaient entamé une grève de la faim pour protester contre la censure draconienne au Soudan.

La Constitution provisoire garantit les libertés de la presse et d’expression. Mais la censure est pratiquement quotidienne et des officiers du puissant appareil de sécurité contrôlent les éditions de chaque journal tous les soirs.

Les rédacteurs en chef refusant de retirer les articles incriminés risquent une interdiction pure et simple de parution ou un retrait des kiosques de leur journal.