Politique

L’ex-Premier ministre Macky Sall crée son parti

L’ex-Premier ministre sénégalais Macky Sall, qui avait démissionné du parti au pouvoir aussitôt après son éviction controversée de la présidence de l’Assemblée le 9 novembre, a annoncé à Dakar qu’il créait un parti politique, devant une foule survoltée criant « Macky président ».

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Mis à jour le 1 décembre 2008 à 19:35

M. Sall, 46 ans, en disgrâce auprès du chef de l’Etat Abdoulaye Wade dont il avait dirigé la campagne présidentielle en 2007, a lancé l’Alliance pour la République (APR-Yakaar) dans la salle de conférence d’un hôtel envahie par des centaines de militants.

Sans jamais attaquer directement le pouvoir, ni prononcer le nom du chef de l’Etat, M. Sall a affirmé que les Sénégalais attendaient "un nouveau leadership".

Il ne s’est pas déclaré candidat à la présidentielle de 2012 mais a évoqué un "Sénégal à la croisée des chemins", "prêt à prendre un nouveau virage, après celui historique du 19 mars 2000" (date de l’élection à la présidence d’Abdoulaye Wade, après 40 ans de pouvoir socialiste. ).

Trois semaines plus tôt, les députés sénégalais avaient adopté une résolution mettant fin à ses fonctions de président de l’Assemblée nationale, après seulement 17 mois au perchoir.

Le président Wade avait promulgué en octobre une loi constitutionnelle diminuant de cinq à un an le mandat des présidents des deux chambres du Parlement, s’appliquant immédiatement.

M. Sall avait alors évoqué un "complot", visant à l’écarter de la course à la succession du président, âgé de 82 ans.

Ancien numéro 2 du Parti démocratique sénégalais (PDS), M. Sall avait dirigé le gouvernement d’avril 2004 à juin 2007.

Le lancement de son parti a été mis en scène avec des danseuses, des musiciens, et la présentation d’un hymne.

Et M. Sall a longuement commenté la devise de son parti – "travail, solidarité, dignité" – et la composition de son logo, une tête de cheval, symbole de "noblesse", encerclée de 14 étoiles, le nombre des régions du pays.

Lançant un "appel urgent" aux "jeunes des universités et à ceux oubliés des banlieues" ou encore "aux femmes sénégalaises d’une exceptionnelle bravoure", il a affirmé que l’APR travaillerait "à garantir la stabilité et la crédibilité de nos institutions et de notre démocratie".

Ces derniers mois, les journaux privés avaient fait leurs gros titres, tel l’hedomadaire Nouvel Horizon, sur "la mise à mort (politique) du dernier des ambitieux prétendants au fauteuil de successeur de Wade".

M. Sall avait notamment provoqué la colère de la majorité en convoquant l’an dernier à l’Assemblée Karim Wade, le fils du chef de l’Etat et président de l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (Anoci), qu’il voulait entendre sur la gestion des chantiers routiers et hôteliers confiés à l’Anoci.

Karim Wade, 40 ans, est couramment présenté par la presse privée comme un candidat potentiel à la mairie de Dakar voire à la présidence du pays mais il n’a jamais fait connaître officiellement ses intentions.