Économie

Après la dernière décision de la FED, les marchés émergents rebondissent

Par
Mis à jour le 19 septembre 2013 à 14:17

Alors que les investisseurs s’attendaient à un resserrement de sa stratégie, la Réserve fédérale américaine a annoncé le 18 septembre qu’elle allait poursuivre sa politique monétaire accommodante. Au grand bonheur des économies émergentes.

Le verdict du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (FED), tant attendu par les investisseurs internationaux, est tombé le 18 septembre. Contre toute attente, la FED a annoncé qu’elle continuerait sa politique dite de quantitative easing, qui consiste à injecter 85 milliards de dollars par mois sur le marché obligataire, maintenant ainsi les taux d’intérêt artificiellement bas. Ces derniers s’attendaient à une réduction de 10 à 15 milliards de dollars par mois des injections de liquidités.

Signes de changement

Depuis le début du mois d’août, les spéculations sur l’arrêt progressif, annoncé en juin dernier, de la politique monétaire de la FED, que beaucoup redoutaient de voir débuter dès septembre, ont provoqué un mouvement inverse à ce qui était observé depuis le début de cette politique : les fonds ont fui les marchés émergents pour retourner en Occident.

Lire aussi :

Les marchés émergents dans la tourmente
La fin de l’argent bon marché inquiète les pays africains
Les incertitudes planent sur la croissance mondiale

Mais la récente décision de la banque centrale américaine change la donne. Les conséquences ont été immédiates sur les marchés émergents, qui peuvent souffler à nouveau. En Inde, l’indice boursier Sensex est en hausse de 3 %, mené par un bond des actions bancaires. La roupie s’est appréciée de 2,6 % par rapport au dollar, alors qu’elle a été la plus touchée par les spéculations parmi les monnaies des pays émergents. Les actions indonésiennes se sont appréciées de 4,7 %. Les Places financières philippine et thaïlandaise sont en hausse de 3,3 et 3,2 %. Le dollar a quant à lui atteint son niveau le plus bas depuis sept mois par rapport aux devises majeures et le prix de l’or a grimpé de 4 %.

Les marchés développés ont également profité de cette décision, mais dans une moindre mesure. Au Japon, le Nikkei a augmenté de 1,8 % pour atteindre son niveau le plus haut depuis la mi-juillet et le yen a repris de la valeur.

Faible reprise

« Je tiens à insister sur le fait que nous n’avons pas prévu de calendrier fixe », a déclaré Ben Bernanke, le président de la FED lors d’une conférence de presse. « Si les données confirment nos prévisions et que nous avons plus confiance dans les perspectives, alors nous pourrons agir ».

« La Réserve fédérale américaine reste inquiète à propos de la timide reprise de l’économie et elle préfère prendre le risque d’être trop lâche trop longtemps plutôt que de resserrer sa politique prématurément », a déclaré Mohamed El-Erian, directeur adjoint des investissements chez le gestionnaire de fonds Pimco, cité par Reuters. La FED a récemment baissé de 0,3 point ses prévisions quant à la croissance en 2013.