Société

Un groupe d’entrepreneurs étrangers incarcérés à la prison de Kinshasa

Une dizaine d’entrepreneurs étrangers, accusés d’avoir détourné plusieurs millions de dollars de fonds publics dans le cadre d’exécution de travaux d’utilité publique, ont été arrêtés et écroués à la prison centrale de Kinshasa, a-t-on appris d’une source proche du dossier.

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Mis à jour le 19 décembre 2008 à 11:29

Ces entrepreneurs, parmi lesquels figurent des ressortissants français, belge, italien et libanais, travaillent pour des entreprises étrangères de travaux publics. Ils sont accusés par les autorités congolaises d’avoir détourné cet argent qui leur a été confié par le gouvernement sur un financement de la Banque mondiale (BM), selon cette source. 

Cet argent, selon la même source, était destiné à la réhabilitation et à la construction d’écoles, de routes et de logements sociaux, selon la même source qui a précisé que ce marché avait été obtenu après un appel d’offre lancé par le bureau central de coordination de la BM à Kinshasa.

Ces hommes ont commencé à être arrêtés il y a une semaine à Kinshasa après une instruction menée par l’inspection générale de la police des parquets sur demande du procureur général de la République, a ajouté cette source.

Ces entrepreneurs, qui doivent comparaître vendredi pour la première fois devant la justice congolaise, risquent une condamnation entre 5 à 10 ans de prison, selon la même source.

Leurs avocats vont plaider en faveur d’une libération provisoire.

Alain Van Cusser (belge, de l’entreprise AVC), Bassoto Doriano (italien, de l’entreprise Parisi), Alain Somja (nationalité non précisée, de l’entreprise Sicobois), Francesco Svelto (italien, de l’entreprise Sogedie), Marcel Desama (belge, de l’entreprise Sogedie), Mohamed (non de famille non précisé, français d’origine libanaise, de l’entreprise STPC), Yves Braconier (travaillant dans le secteur du bois, nationalité non précisée), Fabio Santarosa (italien, de la société Parisi), Roland Yagi (libanais, de l’entreprise Safrimex) figurent parmi les entrepreneurs arrêtés, selon la même source.

A Paris, on a indiqué au ministère des Affaires étrangères suivre "avec préoccupation cette affaire qui concerne plusieurs ressortissants de pays membres de l’Union européenne résidant en RDC".

"Dès que nous avons eu connaissance de leur arrestation, des démarches ont été immédiatement entreprises par notre ambassade à Kinshasa auprès des plus hautes autorités congolaises. Nous nous concertons avec nos partenaires européens localement comme au niveau des capitales", a-t-on ajouté.

Incarcérés au centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, ex-prison de Makala, ils sont détenus dans des cellules communes au pavillon 8 dit "VIP".

"Le fait qu’il n’y a que des entrepreneurs étrangers arrêtés signifie que cette affaire a des ramifications politiques car il y a aussi des Congolais auxquels on pourrait reprocher les mêmes choses mais qui ne sont pas inquiétés", selon la source proche du dossier.