Politique

Mauritanie: libération du président renversé en août par un putsch

Le président mauritanien renversé le 6 août par un coup d’Etat, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a été remis en liberté dimanche comme l’exigeait la communauté internationale et ramené à son domicile de Nouakchott, a-t-on appris de source sécuritaire.

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Mis à jour le 21 décembre 2008 à 07:48

« Le président Sidi a été libéré, quatre véhicules militaires sont venus le prendre à Lemden (son village natal situé à 250 km de la capitale, ndlr) pour le ramener dimanche aux premières heures à Nouakchott », a déclaré une source sécuritaire, ne souhaitant pas être citée.

« Il a été déposé par les militaires chez lui, à son domicile privé de Nouakchott. Il est désormais libre de ses mouvements », a ajouté cette source.

Le président déchu, surnommé « Sidi », a été détenu au total 136 jours, officiellement placé « en résidence surveillée » par la junte dirigée par l’ex-chef de la garde présidentielle, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, au pouvoir depuis le putsch. L’entourage familial du président Sidi a par ailleurs affirmé à l’AFP que « deux membres du Haut conseil d’Etat (junte) se trouvaient dans le véhicule militaire qui l’a amené à Nouakchott, les colonels Mohamed Ould Meguedt et Mohamed Ould El-Adi ».

« Il a été réveillé ente deux et trois heures du matin par les militaires qui prétendaient être porteurs d’un message (. . . ). Le président aurait souhaité rester à Lemden mais les militaires ont tenu à ce qu’il les accompagne à Nouakchott où il est arrivé aux premières heures de la matinée », a-t-on ajouté de même source.

Ces quatre derniers mois, la communauté internationale n’avait pas cessé de réclamer la libération du président élu en mars 2007. « La libération vise à préparer le terrain aux discussions pour la réconciliation nationale qui doivent commencer le 27 décembre », a estimé samedi au Caire un haut responsable de la Ligue arabe, qui a requis l’anonymat.

Le gouvernement mis en place après le putsch va organiser la semaine prochaine ce qu’il appelle « des états généraux de la démocratie », journées de concertation qui doivent notamment fixer la date d’une élection présidentielle. Il demande à « tous les acteurs politiques d’y prendre part » mais les opposants au putsch ont toujours dit qu’ils n’y participeraient pas, puisque le rétablissement du président Sidi « dans la plénitude de ses prérogatives » reste leur priorité.

Le président élu lui-même a dit « catégoriquement non » à la « concertation », dans un entretien au journal français Le Monde daté de dimanche.