Politique

Zimbabwe: le partage du pouvoir « impossible » avec Mugabe, selon Londres

L’accord de partage du pouvoir avec l’opposition restera « impossible » à mettre en oeuvre tant que le président Robert Mugabe se maintiendra à la tête du Zimbabwe, a estimé lundi le secrétaire d’Etat britannique à l’Afrique, Mark Malloch-Brown.

Par
Mis à jour le 21 décembre 2008 à 16:33

L’accord de partage du pouvoir signé en septembre entre l’homme fort d’Harare et l’opposant Morgan Tsvangirai, « n’est pas mort mais Mugabe est devenu un obstacle absolu qui rend impossible sa mise en oeuvre », a déclaré Lord Malloch-Brown à la BBC Radio 4.

« Il a tellement perdu la confiance de toutes les parties et je pense que les Américains ont entièrement raison, il va devoir démissionner », a ajouté le secrétaire d’Etat à l’Afrique, l’Asie et les Nations unies.

La secrétaire d’Etat adjointe américaine Jendayi Frazer a estimé dimanche en Afrique du Sud qu’un gouvernement d’union nationale n’était pas possible au Zimbabwe avec le président Mugabe qui a perdu « le sens des réalités ».

Le président zimbabwéen a une nouvelle fois défié vendredi les pays occidentaux, clamant qu’il « ne se rendrait jamais » et que le Zimbabwe lui « appartenait ». Ces déclarations « montrent quelqu’un qui ne comprend vraiment pas dans quel état se trouve son pays », a ajouté M. Malloch-Brown.

Le secrétaire d’Etat a par ailleurs démenti un article du quotidien The Times selon lequel des sociétés soutenant le régime Mugabe opéraient en toute liberté au Royaume-Uni en dépit de leur inscription sur une liste noire par les autorités américaines.

« Il est vrai que des filiales entièrement détenues par le Zimbabwe et inscrites ici au Royaume-Uni ont encore la liberté d’agir mais nous n’estimons pas que des activités contraires aux sanctions sont gérées à partir du Royaume-Uni », a répondu M. Malloch-Brown. Interrogé sur la possibilité d’offrir à Mugabe l’impunité en échange de son départ, M. Malloch-Brown a répondu: « Si le président Mugabe devait aller au Royaume-Uni, les Etats-Unis ou un autre pays tiers, ses voisins africains, et dire : +Je m’en vais si on peut m’offrir une retraite paisible+, j’imagine que les gens devraient voir ce qui est réalisable ».