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La France prête 30 millions d’euros à la société d’électricité en difficulté

La France a accordé vendredi au Sénégal un prêt de 30 millions d’euros pour lui permettre de recapitaliser sa société d’électricité confrontée à de sérieuses difficultés de trésorerie, au moment où des habitants de la banlieue de Dakar contestent vivement la cherté du courant.

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Mis à jour le 16 décembre 2008 à 08:48

Un Sénégalais manifeste contre le prix de l’électrivité le 21 novembre 2008 à Dakar.

L’accord de financement a été signé vendredi entre le ministre d’Etat sénégalais de l’Economie et des finances, Abdoulaye Diop, et l’ambassadeur de France au Sénégal, Jean Christophe Rufin, en présence du directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Denis Castaing, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ce prêt de l’AFD, d’un montant d’environ 20 milliards de FCFA (30 millions d’euros), est un financement concessionnel d’une durée de 25 ans à un taux d’intérêt de 1%, a précisé M. Rufin.

« La recapitalisation de la Senelec (Société nationale d’électricité du Sénégal) contribuera notamment à limiter les coupures d’électricité dans la mesure où depuis 2008, Senelec dispose d’assez de centrales thermiques pour faire face à la demande mais manque de trésorerie pour acheter les combustibles nécessaires à leur fonctionnement », a ajouté le diplomate français.

La production électrique au Sénégal est en quasi-totalité d’origine thermique et se fait principalement à partir du diesel.

« Le Sénégal connaît une crise du secteur énergétique sans précédent et durement ressentie dans le sous-secteur de l’électricité », a déclaré M. Diop.

Ces 30 millions d’euros doivent notamment permettre à la Senelec de retrouver un équilibre financier et de mettre en oeuvre un plan de réduction de ses coûts de production, selon le ministre sénégalais.

La Banque mondiale avait accordé en juin au Sénégal un prêt de 80 millions de dollars pour soutenir la Senelec.

Depuis août, la société publique a relevé le prix de l’électricité de « 17% en moyenne » et adopté une nouvelle facturation contestée.

Dans la banlieue de la capitale, un Collectif d’habitants dirigé par des imams, exigeant une baisse du coût de l’électricité, a appelé toutes les populations du Sénégal à ne plus payer les factures à la Senelec.