Économie

Le Niger lance un audit des mines d’uranium

Le contrat liant le Niger au groupe Areva arrive à son terme fin 2013. En préalable aux négociations sur son renouvellement, le gouvernement nigérien conduit un audit sur l’exploitation des mines d’uranium du pays par l’opérateur français.

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Mis à jour le 24 septembre 2013 à 14:30

Le Niger détient 36,4% de Somaïr, qui produit environ 3.000 tonnes d’uranium par an. © Pierre Verdy/AFP

Après le Mali qui a annoncé son intention de revisiter les contrats miniers en vigueur dans le pays, c’est au tour du Niger. Selon son ministre des Mines, Omar Hamidou Tchiana, le Niger a ordonné un audit des mines d’uranium exploitées sur son sol par le groupe industriel français Areva, rapporte l’agence Reuters.

Objectif : 20% du budget

Le contrat actuel de dix ans liant Areva à l’État nigérien arrive à son terme fin 2013 et Niamey espère profiter des discussions sur son renouvellement pour augmenter ses recettes fiscales et obtenir plus d’investissements dans les infrastructures, notamment la construction d’une nouvelle route reliant Tahoua à la région minière d’Arlit, à plus de 1 000 kilomètres au nord de la capitale.

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Le Niger détient 36,4% de Somaïr, qui produit environ 3 000 tonnes d’uranium par an, et 31% de Cominak, dont la production annuelle avoisine 1 500 tonnes. Le ministre des Mines a précisé que l’Etat ne cherchait pas augmenter sa participation dans ces sociétés, mais plutôt  » à faire en sorte que le Niger aussi tire parti de l’exploitation de l’uranium », a-t-il déclaré à Reuters

Les recettes tirées de l’uranium représentent environ 5% du budget de l’État nigérien qui espère porter cette part à 20% au mininum. En juillet 2013, lors de la présentation des résultats semestriels, le PDG d’Areva, Luc Oursel, avait assuré que les pourparlers se poursuivaient de manière productive.

Le gisement d’Imouraren

Par ailleurs, le ministre nigérien a rappelé que le Niger réclamerait une compensation financière si le projet d’exploitation du gisement d’Imouraren subissait de nouveaux retards. Remportée face à la concurrence chinoise en 2009, la mise en exploitation du gisement (l’un des plus importants au monde avec 200 000 tonnes de réserves prouvées) a été initialement fixée à 2012, avant d’être repoussée suite à l’enlèvement d’employés du groupe. 

L’ouverture de cette mine est pour l’instant prévue en 2015. Sa mise en exploitation doit faire du Niger le deuxième producteur mondial d’uranium. « Pour nous, 2015 est une date qui n’est pas négociable », a dit Omar Hamidou Tchiana. Niamey et Areva doivent notamment s’entendre sur un nouveau prix de production de l’uranium, que le groupe français souhaite voir réduit. Omar Hamidou Tchiana a dit espérer conclure un accord avant fin septembre 2013. Le géant français s’est engagé en février 2013 à verser 35 millions d’euros au Niger (étalonnés en trois paiements) pour « compenser le manque à gagner ».