Politique

Dissenssions au sein de la rébellion

Les partisans de Bosco Ntaganda, chef d’état-major de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), qui a annoncé lundi avoir limogé le leader de ce mouvement Laurent Nkunda, l’ont de nouveau appelé « à accepter sa destitution ».

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Mis à jour le 8 janvier 2009 à 09:42

"Nous invitons Laurent Nkunda à accepter sa destitution et à coopérer avec le nouveau leadership du CNDP", a déclaré à l’AFP le porte-parole du général Ntaganda, Désiré Kamanzi, joint depuis Kinshasa au téléphone dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

"Bosco Ntaganda a pris les choses en main et gère les affaires du CNDP. Il dirige maintenant le comité de crise qui va décider de l’avenir du mouvement", selon M. Kamanzi.

D’importantes dissensions à la tête du CNDP sont apparues au grand jour après une tentative lundi du général Ntaganda de destituer Laurent Nkunda, présenté comme démis de ses fonctions dans un communiqué signé de sa main et envoyé à la radio BBC.

Depuis le territoire de Rutshuru (partie de la province du Nord-Kivu, au nord de Goma, sous contrôle rebelle), Nkunda et ses partisans assurent que les instances dirigeantes du mouvement restent inchangées.

Des représentants de la rébellion, engagée depuis août dernier dans des affrontements à grande échelle avec l’armée congolaise dans l’est du pays, se sont rendus normalement à Nairobi où ils ont repris mercredi les négociations directes avec le gouvernement congolais.

Mais le porte-parole de Ntaganda estimait jeudi que cette délégation n’était pas légitime.

"Nous ne reconnaissons pas cette délégation qui s’est rendue à Nairobi. Elle ne nous représente pas et a été nommée par Nkunda après son limogeage", a commenté à ce propos M. Kamanzi, dénonçant cette nouvelle illustration du "style autocratique" de Nkunda.

"Tout ce qui vient maintenant de la bouche du président déchu n’a aucune raison d’être. Il continue à tromper les médias, la vigilance de la communauté internationale dans un nouvel exemple de ce manque de crédibilité qui a fait que nous avons dû le remplacer", a affirmé le porte-parole.

"Le haut commandement militaire et les autres organes habilités vont siéger pour décider du futur leadership", a-t-il ajouté.

Le porte-parole a par ailleurs démenti la participation éventuelle du général Ntaganda à une réunion des instances dirigeantes du CNDP, organisée ce jeudi à Rutshuru par Laurent Nkunda.

Bosco Ntaganda est actuellement basé dans son fief du territoire du Masisi, à l’ouest de Goma, où il ne serait entouré que d’une centaine d’hommes de sa garde personnelle, sans officier rebelle, affirment les partisans de Nkunda.

Plusieurs importants commandants militaires du CNDP semblent cependant avoir pris le parti du chef d’état-major, et se trouvaient mercredi à ses côtés, a appris l’AFP de sources concordantes.

A ce jour, aucun incident ou affrontement entre factions rebelles n’a été signalé en zone CNDP au Nord-Kivu, a constaté un correspondant de l’AFP.

"Nous n’avons pas voulu choisir l’option de la violence (contre Nkunda), du fait du respect que nous lui devons", a conclu M. Kamanzi. "Mais la situation aujourd’hui montre une nouvelle fois qu’il n’est plus l’homme qu’il faut".