Société

Pierre Falcone s’explique sur sa « générosité » envers les hôtesses de Brenco

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« Mon plus grand souci était d’assurer le meilleur accueil possible aux délégations angolaises dont j’avais la charge » : Pierre Falcone s’est expliqué au procès de l’Angolagate sur les nombreuses hôtesses utilisées par sa société Brenco.

Dans cette affaire de commerce d’armes de guerre avec l’Angola, le tribunal correctionnel de Paris s’est penché sur ce que les enquêteurs ont appelé "la générosité manifestée par Pierre Falcone envers les hôtesses", trois d’entre elles, plus la femme qui les recrutait, étant aujourd’hui accusées de recel d’abus de biens sociaux, punissable de cinq ans de prison.

Luanda "m’avait demandé de m’assurer de la logistique d’accueil des délégations angolaises", qui passaient parfois "plusieurs semaines, voire de longs mois" à Paris, explique Pierre Falcone, soupçonné d’être l’artisan de ce commerce d’armes.

Outre les voitures avec chauffeurs ou les locations d’appartements, il décide de trouver aussi des hôtesses. Il s’adresse à Emmanuelle Dufrien, consultante en communication qui lui a déjà trouvé une loge à Roland-Garros et une au Stade de France pour la Coupe du monde de football de 1998.

Celle-ci connaît tout un réseau de jeunes filles, souvent étudiantes, capables "d’avoir une bonne présentation, la maîtrise de l’anglais, et d’être accueillantes et discrètes".

Souvent appelées au dernier moment, ces jeunes filles sont rémunérées en cash, sans contrat, par Emmanuelle Dufrien qui se dit incapable de fournir des justificatifs : "je n’avais ni listing, ni comptabilité (. . . ) J’avais des carnets avec beaucoup de feuilles volantes".

Le cash, elle le recevait de la société de Pierre Falcone: "c’était à prendre ou à laisser", explique-t-elle.

"Le travail était simple mais les heures étaient longues. On servait du café, du thé", explique Julie D, l’une des hôtesses.

Comme elle, Mélanie P. est accusée d’avoir reçu du cash, mais aussi une Volkswagen polo, en "cadeau" de Pierre Falcone.

Une partie du liquide, explique cette grande femme brune, "c’était parce que je venais de me séparer de mon petit ami et que je ne pouvais plus payer mon loyer". "Pierre Falcone trouvait que c’était pratique que je sois à côté du bureau et il m’a proposé de prendre en charge la moitié que mon ami payait".

Quant à la voiture, dit Pierre Falcone, Mélanie P. "m’est apparue émotionnellement plus fragile. J’ai tout simplement tenu à l’aider. Il n’y a pas d’agenda caché". "La Polo, c’était une façon de rémunérer le travail parfait qui était le sien".

Et il s’énerve d’éventuels sous-entendus sur sa générosité envers ces jeunes femmes: "ai-je eu une seule fois un seul geste déplacé ?", lui lance-t-il.

"Il était d’une politesse et d’une gentillesse incroyable", répond Mélanie, qui vante la "générosité légendaire" de son ancien patron, et soupire après "l’agréable expérience" de ses années chez Brenco, quand elle était "jeune et insouciante".

Pour Isabelle G. , la générosité de Pierre Falcone se manifeste notamment par l’apport, sur un compte luxembourgeois, de la caution bancaire lui permettant d’acheter son appartement.

"Je l’ai fait dans le même esprit, pour récompenser une disponibilité impeccable et parfaite", affirme l’homme d’affaires.

"Pierre Falcone est comme un père pour moi. Je l’ai toujours admiré", renchérit Isabelle G.

Cette jeune femme, titulaire d’une maîtrise en banque et finance, ne regrette rien et assure qu’elle "referait la même chose aujourd’hui".

"D’ailleurs, dit-elle, j’ai fait trois mois de stage à la Société Générale et ils payaient tous les stagiaires en cash".

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