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Cet article est issu du dossier «Spécial Madagascar: les vidéos, les dépêches»

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Politique

Le maire d’Antananarivo revendique le pouvoir, le président conteste

Marc Ravalomanana le 31 janvier 2009 au palais présidentiel à Antananarivo ©

Le maire de la capitale malgache Andry Rajoelina s'est proclamé, devant quelques dizaines de milliers de partisans, en charge des affaires du pays, mais le président Marc Ravalomanana a réaffirmé dans la soirée être "le président de ce pays".

"Puisque le président et le gouvernement n’ont pas pris leurs responsabilités, je proclame que je vais gérer toutes les affaires nationales à partir d’aujourd’hui", a lancé M. Rajoelina, 34 ans, depuis la place du 13 Mai, lieu historique de la contestation malgache au coeur d’Antananarivo.

S’adressant à la presse, entouré de son gouvernement dans la salle du conseil des ministres, le président a dédaigné ces déclarations.

"Je reste président de ce pays et je fais le nécessaire pour développer ce pays", a affirmé M. Ravalomanana.

La situation était calme en province, a-t-il ajouté après s’y être rendu vendredi et samedi.

Interrogé sur d’éventuelles poursuites judicaires contre le maire, le président a répondu: "nous avons un ministère de la Justice et aussi une Haute cour constitutionnelle et je crois qu’ils vont prendre leurs responsabilités".

Le président a précisé qu’une délégation dirigée par le Premier ministre se rendra dimanche au sommet de l’Union africaine d’Addis Abeba.

Devant ses partisans, le maire a franchi une nouvelle étape dans son bras de fer avec le chef de l’Etat, annonçant son intention d’engager une procédure de destitution. "La demande du départ immédiat du président Ravalomanana sera déposée au Parlement pour suivre la procédure légale", a-t-il ajouté, quasi-invisible derrière des gardes du corps.

"Nous sommes en train de mettre en place le gouvernement de transition et c’est moi qui vais gérer le gouvernement", a-t-il ajouté, avant de lancer un appel solennel à différents organismes publics. "Je fais appel à la banque centrale pour qu’elle ne délivre plus d’argent au gouvernement. Je demande à tous les ministères de fermer à partir de lundi. J’appelle les forces de l’ordre à nous rejoindre. A présent, je vais donner les ordres", a-t-il lancé sous les acclamations.

Ces déclarations interviennent après plusieurs rassemblements de masse à Antananarivo, des pillages et la mort depuis lundi d’au moins 68 personnes, selon la gendarmerie.

M. Rajoelina avait procédé à un véritable réquisitoire contre le chef de l’Etat, avec l’énumération des "violations de la Constitution" dont il se serait rendu coupable. Une réponse à peine déguisée du maire à la communauté internationale qui en appelle au respect de l’ordre constitutionnel à Madagascar.

A peine connu lorsqu’il s’est lancé à la conquête de la mairie d’Antananarivo il y un peu plus d’un an, celui que l’on appelle "Andry TGV" pour son caractère fonceur s’est imposé depuis son élection le 12 décembre 2007 comme le principal opposant à M. Ravalomanana, au pouvoir depuis 2002.

Il a su capitaliser sur son nom les frustrations des Malgaches durement touchés par la hausse mondiale des prix alimentaires, leur ressentiment face à ce qu’ils considèrent comme des privations de la liberté d’expression.

La fermeture mi-décembre de la télévision du maire, "Viva", a servi de déclencheur au mouvement d’Andry TGV.

Samedi, la foule s’est dispersée rapidement et dans le calme. Les forces de l’ordre étaient absentes de la place du 13 mai et de ses environs.

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