Société

Le chef rebelle Ag Bahanga demande à réintégrer le processus de paix

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Mis à jour le 3 février 2009 à 21:07

Le chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga, dont l’armée malienne a refusé la proposition de trêve sur le terrain, a « officiellement » demandé à la médiation algérienne sa réintégration dans le processus de paix, a-t-on appris auprès de l’entourage de l’intéressé.

"Ibrahim Ag Bahanga a officiellement saisi la médiation algérienne pour réintégrer l’accord d’Alger et pour faire la paix avec tout le monde", a déclaré à l’AFP "Amed Ag Oussouf" connu pour être un proche du chef rebelle touareg.

"Nous voulons la paix, la guerre n’est pas une bonne chose pour le Mali. L’Algérie peut aider tout le monde à faire la paix. Nous voulons faire la paix", a poursuivi la même source.

Interrogé par l’AFP, au sujet de la réponse donnée par l’Algérie à cette demande, Amed Ag Oussouf a affirmé:" L’Algérie n’a pas donné de réponse. Peut-être qu’ils veulent parler d’abord avec le gouvernement malien".

Depuis quelques mois, Ag Bahanga est dans le collimateur de l’armée malienne qui vient de refuser la trêve qu’il propose.

L’Algérie, pays médiateur dans la crise, accuse par ailleurs depuis quelques mois, Ag Bahanga de "saboter" le processus de paix.

L’armée malienne avait déclenché début janvier une offensive dans le nord-est destinée "à anéantir" le groupe de Ag Bahanga (de l’Alliance Touareg Nord Mali pour le changement, ATNM).

Ces rebelles ont demandé dimanche un "cessez-le-feu", mais le ministère de la Défense a fait savoir lundi qu’il n’y aurait "pas de trêve".

Selon les autorités, 31 rebelles du groupe d’Ibrahim Ag Bahanga ont été tués le 22 janvier dans des combats.

Et le 25 janvier, Ag Bahanga avait affirmé dans un entretien publié par le quotidien arabophone algérien El-Khabar: "Aujourd’hui, notre position est claire: la seule alternative qui s’offre à nous est la riposte et la guerre par les armes".

L’accord de paix d’Alger signé en 2006 stipule que les Touareg ne doivent plus réclamer l’autonomie de leur région tandis que Bamako doit accélérer le développement des régions du Nord.

Mais Ag Bahanga, le plus radical des chefs de groupes rebelles, demande depuis 2007 que l’armée allège son dispositif dans la zone de Tinzaouatène. Le gouvernement refuse, arguant qu’il s’agit d’un lieu de transit pour le trafic international de drogue, dans lequel il accuse Ag Bahanga d’être impliqué.