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Cet article est issu du dossier «Spécial Madagascar: les vidéos, les dépêches»

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Politique

L’opposition nomme ses « ministres » et appelle à une ville morte

Une manifestation à Antananarivo, le 9 février 2009 ©

Le camp du maire destitué de la capitale malgache Andry Rajoelina, engagé dans un bras de fer avec le président Marc Ravalomanana, a désigné  quatre "ministres" et appelé à une opération ville morte mercredi, lors d'un rassemblement public à Antananarivo.

Ces nominations, qui s’incrivent dans une logique de mise en place par M. Rajoelina d’institutions de transition à Madagascar, interviennent au lendemain d’une rencontre avec un envoyé spécial de l’ONU, au cours de laquelle l’ex-maire s’est dit prêt à un dialogue sous conditions avec M. Ravalomanana.

Mardi matin, sous la pluie et devant environ 5. 000 personnes, le "Premier ministre" de M. Rajoelina, Monja Roindefo, homme politique de Toliara (ex-Tuléar, sud-ouest), a proclamé les noms de quatre "ministres" censés à ses yeux remplacer les ministres en poste.

Il a ainsi nommé ses "ministres" de la Sécurité intérieure, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, de l’Intérieur et des Finances et du Budget.

"D’ici la fin de la semaine, j’aurai nommé tous les ministres", a affirmé à la tribune M. Roindefo, en précisant que son "gouvernement" devait se mettre au travail à partir de lundi.

Le rassemblement était une nouvelle fois organisé sur la place du 13-Mai, lieu historique de la contestation politique malgache.

La foule s’est ensuite dispersée dans le calme, au soulagement de nombreux Tananariviens qui craignaient que M. Roindefo n’appelle les manifestants à aller installer les nouveaux ministres dans les ministères, laissant présager un nouveau face-à-face entre partisans de M. Rajoelina et forces de l’ordre.

De fait, mardi matin, plusieurs ministères – Intérieur, Education, Affaires étrangères – tournaient au ralenti: un employé du ministère des Affaires étrangères a expliqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que le personnel avait reçu pour consigne de quitter les lieux à midi et d’emporter avec lui les dossiers les plus importants.

De son côté, Andry Rajoelina a appelé la population à rester chez elle mercredi. "Demain, personne ne sortira de chez soi. Les travailleurs n’iront pas travailler et les élèves n’iront pas à l’école", a affirmé M. Rajoelina à la tribune.

Il a également indiqué qu’un rassemblement prévu mercredi par le parti présidentiel TIM au stade municipal serait autorisé par son équipe à la mairie d’Antananarivo.

Samedi, M. Rajoelina avait pris la tête, devant plus de 20. 000 partisans, d’une Haute Autorité de transition, défiant encore un peu plus le pouvoir.

Quelques heures plus tard, la garde présidentielle avait tiré sans sommation sur la foule de ses partisans massés devant le palais abritant le bureau du président dans le centre de la capitale, faisant au moins 28 morts et 212 blessés.

En coulisses, la communauté internationale multiplie ses efforts pour amener les deux hommes à une table de négociations.

Lundi, l’émissaire dépêché à Madagascar par le secrétaire général de l’ONU a réclamé "une solution pacifique et démocratique" à la crise lors d’un entretien avec le chef de l’Etat qui n’a pas écarté le principe d’un dialogue.

De son côté, le maire a déclaré à l’émissaire de l’ONU, Haïlé Menkerios, qu’il acceptait également le principe d’un dialogue "mais à condition que ce dialogue aboutisse soit à une élection présidentielle soit à un régime de transition".

M. Menkerios, qui doit quitter Madagascar mercredi, a une nouvelle fois rencontré le chef de l’Etat mardi matin, a-t-on appris auprès de la présidence.

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