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Cet article est issu du dossier «Spécial Madagascar: les vidéos, les dépêches»

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Politique

Première riposte populaire du camp présidentiel depuis la crise

Andry Rajoelina le 10 février 2009 à Madagascar ©

Plus de 30. 000 partisans du président Marc Ravalomanana, contesté par le maire destitué d'Antananarivo, se sont réunis dans la capitale malgache pour asseoir la légitimité du chef de l'Etat en attendant l'arrivée du secrétaire d'Etat français à la Coopération.

Pour cette première riposte populaire du camp présidentiel depuis le début de la crise ouverte mi-décembre avec le maire déchu d’Antananarivo Andry Rajoelina, le parti présidentiel TIM (J’aime Madagascar) a réussi à mobiliser la base.

Les gradins du stade de Mahamasina, situé en centre-ville, étaient pleins, ainsi qu’une partie de la pelouse. Une foule fervente applaudissait à tout rompre au passage d’une banderole sur laquelle était écrit: "Tsy Mila TGV", "Pas besoin de TGV", le surnom donné par ses partisans à M. Rajoelina.

La foule a scandé à plusieurs reprises "arrêtez TGV", avant de se disperser dans le calme.

M. Rajoelina est engagé dans un bras de fer avec M. Ravalomanana dont il réclame la destitution et a pris la tête d’une "Haute Autorité de transition" censée à ses yeux remplacer le pouvoir en place.

Le Premier ministre Charles Rabemananjara et une dizaine de ministres assistaient au meeting.

Dans une adresse lue à la tribune à l’attention du "secrétaire général des Nations unies et des partenaires techniques et financiers", le président du Sénat Yvan Randriasandratriniony a jugé que ce rassemblement était "une forme d’expression (. . . ) pour une majorité restée jusqu’ici silencieuse (. . . ) pour montrer qu’il y a une masse importante de la population qui se désolidarise totalement de toute forme d’anarchie".

En tout, près d’une centaine de personnes sont mortes à Madagascar dans les violences qui ont émaillé depuis le 26 janvier le bras de fer entre M. Rajoelina et M. Ravalomanana, dont au moins 28 tuées samedi par la garde présidentielle.

"Moi je suis là aujourd’hui pour soutenir le pouvoir actuel. Je veux travailler et je ne veux pas qu’il y ait de coupure. Bientôt, on va se retrouver sans travail et c’est pas M. Rajoelina qui va me payer mon salaire", a déclaré à l’AFP Lalah, un chauffeur de 43 ans.

"Le peuple a mis le président (au pouvoir). Si le président accepte une transition, ce sera une trahison. Le peuple a donné le pouvoir à une seule personne, pas à plusieurs. C’est pas négociable", a-t-il ajouté.

A l’extérieur du stade, la ville tournait quelque peu au ralenti après l’appel à une journée "ville morte" lancé mardi par le maire.

Aucun dispositif policier n’était visible dans le centre-ville, où les écoles étaient ouvertes et les transports en commun et les voitures particulières circulaient. Peu d’élèves étaient toutefois présents dans les établissements scolaires et des magasins ont préféré ne pas ouvrir.

"Demain (mercredi), personne ne sortira de chez soi. Les travailleurs n’iront pas travailler et les élèves n’iront pas à l’école", avait affirmé mardi M. Rajoelina devant environ 5. 000 de ses partisans.

La communauté internationale poursuivait mercredi son forcing pour tenter de concilier les positions tranchées des deux hommes forts de la Grande Ile.

Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet était attendu en fin d’après-midi à Antananarivo au sein d’une délégation de la Commission de l’océan Indien (COI) afin de plaider pour une issue pacifique à la crise.

M. Joyandet devait rencontrer le président en début de soirée et M. Rajoelina jeudi.

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