Société

Des ONG locales appellent Kabila à livrer Bosco Ntaganda à la CPI

Une cinquantaine d’ONG locales basées dans l’est de la République démocratique du Congo ont appelé le président congolais Joseph Kabila à livrer à la Cour pénale internationale (CPI) Bosco Ntaganda, ex-chef rebelle rallié à Kinshasa et recherché pour crimes de guerre.

Par
Mis à jour le 19 février 2009 à 16:40

"Etant donné qu’il n’existe pas de sécurité et de paix durables sans justice, nous vous exhortons à respecter vos engagements internationaux et livrer le criminel de guerre Bosco Ntaganda à La Haye", écrivent ces organisations dans une lettre ouverte au président Kabila, dont l’AFP a reçu copie à Kinshasa.

Bosco Ntaganda, chef d’état-major de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), passé le 16 janvier dans le camp gouvernemental, est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre, notamment l’enrôlement d’enfants en 2002-2003 en Ituri (nord-est).

Interrogé fin janvier sur le cas de cet ex-rebelle, Joseph Kabila avait affirmé qu’il optait pour "la paix et la sécurité" dans le Nord-Kivu, province de l’est de la RDC où le CNDP avait infligé en octobre 2008 de lourdes défaites à l’armée congolaise.

"Il y a des moments où les exigences de la paix l’emportent sur le besoin classique de la justice", avait expliqué le 12 février le ministre de la Justice Emmanuel-Janvier Luzolo, soulignant toutefois l’"imprescriptibilité des crimes de guerre et crimes contre l’humanité".

Le ralliement de Bosco Ntaganda et de la plupart des commandants du CNDP aux Forces armées de la RDC (FARDC) avait considérablement affaibli le chef historique de la rébellion Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda le 22 janvier, deux jours après le lancement d’une opération rwando-congolaise dans l’est congolais. Depuis, les éléments du CNDP ont commencé à intégrer l’armée.

Bosco Ntaganda est également accusé par l’ONG Human Rights Watch (HRW) d’avoir commandé des troupes du CNDP qui ont massacré en novembre 2008 au moins 150 civils à Kiwanja (Nord-Kivu).