Société

La pénurie de nourriture guette dans le nord-est, victime des rebelles

Carte de la République démocratique du Congo ©

"La nourriture commence à se faire rare" dans l'extrême nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), victime des exactions et des pillages des rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), a averti une ONG opérant dans la région.

A la suite du lancement fin 2008 d’une opération anti-LRA par Kinshasa et Kampala, le district du Haut-Uélé, frontalier du Soudan, a été entre Noël et mi-janvier le théâtre de massacres qui, selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), ont fait près de 900 morts.

"On doit désormais se trouver plus près de 1. 000" personnes tuées par les rebelles, a précisé à l’AFP Serge Pfister, responsable d’une équipe de l’antenne suisse de Médecins sans frontières (MSF) basée à Dungu, chef-lieu du Haut-Uélé.

Une quinzaine de villages ont été attaqués par la LRA en février, a-t-il ajouté, joint par téléphone depuis Kinshasa.

Pour les survivants, à la douleur et à la peur s’ajoute désormais la difficulté de s’alimenter, prévient M. Pfister.

Le problème des déplacés, évalués fin janvier à 130. 000 par l’ONU, bouleverse en effet la région.

"Dans un premier temps, beaucoup de gens ont été accueillis dans des familles, mais dans les endroits à forte concentration de déplacés, la capacité des familles d’accueil a atteint ses limites: elles n’ont plus de quoi les nourrir", et les déplacés doivent partir, a ajouté ce responsable de MSF.

L’impossibilité de cultiver la terre complique encore la donne: "les habitants ne peuvent plus accéder à leur champ, c’est trop dangereux de sortir de la ville ou du village pour s’y rendre".

"On voit régulièrement dans les centres de santé des gens revenir blessés" après avoir bravé le danger pour cultiver, a poursuivi M. Pfister.

"L’insécurité est permanente sur 99% du territoire", a-t-il assuré.

"On ne peut pratiquement plus prendre la route, très peu de marchandises circulent d’un endroit à un autre". Les marchés sont donc très peu approvisionnés, et "les prix augmentent fortement".

Dans ce contexte, "on s’attend à une hausse de la malnutrition des personnes vulnérables, en particulier des enfants".

Selon lui, un adulte "peut tenir" pendant un moment avec peu de nourriture, mais "les enfants vont très vite s’affaiblir" et seront davantage la proie des maladies.

Tandis que les besoins sont criants, les ONG aussi sont limitées dans leurs mouvements en raison de l’insécurité. "En voiture, notre équipe ne se déplace que dans un rayon de 20 km autour de Dungu. Au-delà, nous utilisons un avion. "

Mais, a souligné Serge Pfister, les quelques organisations internationales présentes dans la région n’ont pas toutes de tels moyens, alors que "le Haut-Uélé n’a jamais été aussi mal en point".

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