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Cet article est issu du dossier «Aérien : les aéroports africains décollent-ils ?»

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Économie

Camair-Co en quête d’un second souffle

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Camair Co enregistre un déficit d'exploitation mensuel d'environ 1,52 million d'euros.

Camair Co enregistre un déficit d'exploitation mensuel d'environ 1,52 million d'euros. © Jean-Pierre Kepseu

Manque de ponctualité, flotte réduite au minimum, taux de remplissage insuffisant… La compagnie aérienne camerounaise Camair-Co est à la peine dans un environnement hautement concurrentiel.

Le 26 août, le Boeing 767-300, alias « le Dja », l’unique appareil que possède en propre Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), a repris du service après avoir été cloué au sol quelques jours. Une occasion pour l’ex-directeur général, le Néerlandais Boertien Matthijs Johannes – remplacé le 13 septembre par son adjoint Frédéric Mbotto Edimo -, de présenter par voie de presse ses excuses à la clientèle pour les désagréments rencontrés. « Cela marque un progrès dans la communication », reconnaît la responsable d’une agence de voyages de Yaoundé, habituée aux plaintes des voyageurs pour manque de ponctualité et annulations de dernière minute qui avaient valu à la défunte Cameroon Airlines (Camair) le surnom d’ »Air peut-être ».

Avec l’arrivée de 2 MA-60 chinois, la société va faire des économies et relancer le trafic intérieur.

Au siège de Camair-Co, à Douala, on a conscience de cette réputation, attribuée, entre autres, à la difficulté de se procurer des pièces détachées. « Nous visons un taux de disponibilité de 97 % des appareils [le taux actuel est confidentiel], c’est-à-dire que sur 100 vols 3 au maximum seront annulés ou retardés pour raisons techniques », annonce Christian Perchat, le directeur commercial et marketing arrivé en janvier. En attendant, le management tient une réunion « de ponctualité » chaque matin, où bon nombre des 438 employés sont présents.

Tarifs compétitifs

Autre grief, l’absence d’un écran de télévision à bord. « C’est le reproche le plus courant », se désole la patronne d’une agence de voyages de Douala. La direction a d’ailleurs annoncé fin août la mise en service effective d’un système audio-vidéo. Camair-Co tente de compenser ce handicap en proposant des billets à des tarifs compétitifs. Le Douala-Paris coûte ainsi entre 400 000 et 450 000 F CFA (610-690 euros), contre 500 000 à 550 000 F CFA chez ses principaux concurrents (Turkish Airlines, Brussels Airlines et Royal Air Maroc). Il n’empêche : le niveau de remplissage actuel dépasse à peine la moitié de l’objectif de 400 000 passagers fixé le 28 mars 2011 pour la même année.

Camair-Co souffre d’un énorme handicap par rapport à la concurrence. Elle n’offre que cinq vols allers-retours hebdomadaires entre le Cameroun et l’Hexagone, alors qu’Air France en propose le double et vient d’obtenir trois fréquences supplémentaires. « Le déséquilibre est patent : lorsque Camair-Co met un siège à la vente, Air France en met deux, déplore Christian Perchat. La nouvelle donne va renforcer cette distorsion, la croissance du marché sera monopolisée par le français. »

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En outre, en décembre 2012, Turkish Airlines a atterri sur le sol camerounais sans que cela n’ouvre d’opportunité commerciale pour Camair-Co. Selon le management, le trafic « de point à point » entre Douala/Yaoundé et Istanbul n’est pas suffisant pour justifier un vol direct.

Seule perspective intéressante à moyen terme, la Chine, notamment Canton, avec ses 300 000 résidents africains, sans oublier les nombreux ressortissants de l’empire du Milieu qui viennent de plus en plus souvent sur le continent pour raisons professionnelles.

Faire des économies

Pour profiter de ce marché, la compagnie doit renforcer sa flotte long-courrier, quasi inexistante. Las, sa trésorerie est déjà plombée par la location et l’entretien de deux Boeing 737-700 en leasing pour les vols intérieurs et régionaux. Le déficit d’exploitation mensuel, de 1 milliard de F CFA, est comblé par une subvention gouvernementale.

L’arrivée prochaine de deux MA-60 chinois dans la flotte de Camair-Co relancera le trafic intérieur, tout en permettant à la compagnie de faire des économies. Attendu en fin d’année, le Boeing 777-200 ER, bien que surdimensionné pour cette destination, desservira Paris dans un premier temps. Puis il assurera la liaison avec Canton en 2015, dès que les deux Boeing 787 Dreamliner en cours d’acquisition seront engagés sur les lignes à destination de Paris à partir de Douala et à Yaoundé.

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