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Spécial Guinée Bissau: Le président Vieira assassiné

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Joao Bernardo Vieira, un putschiste revenu au pouvoir par les urnes

Le président Joao Bernardo Vieira, tué par des militaires à Bissau, avait été l’auteur du premier coup d’Etat en Guinée-Bissau en 1980 avant d’être renversé par des rebelles en 1999 puis de revenir au pouvoir par les urnes en 2005.

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Mis à jour le 2 mars 2009 à 10:58

Ancien électricien né à Bissau en avril 1939, le général de division "Nino" Vieira était une des figures de "la lutte de libération nationale" menée pendant 11 ans contre le Portugal, ancienne puissance coloniale de ce petit pays pauvre et instable d’Afrique de l’ouest.

Il a suivi dès 1962 Amilcar Cabral, qui avait fondé neuf ans plus tôt le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), et qui deviendra le héros de l’indépendance, acquise en 1974.

En novembre 1980, le premier président du pays, Luis Cabral, demi-frère d’Amilcar, est renversé par un coup d’Etat. Les putschistes sont dirigés par le Commissaire principal (Premier ministre), "Nino" Vieira, qui se fait élire à la présidence en 1981, puis en 1994 et 1998.

Mais l’ex-putschiste est à son tour renversé en mai 1999 à la suite d’une rébellion de onze mois conduite par le général Ansumane Mané qui plonge la Guinée-Bissau dans le chaos. Chassé du pouvoir, Vieira trouve alors refuge au Portugal.

En avril 2005, il se porte candidat à la présidentielle, malgré l’interdiction d’activité politique qui le frappe. Il se lance dans la course en tant que candidat indépendant, sans l’appui du PAIGC, et est élu au second tour.

Sans réel appui politique, relativement isolé, il change quatre fois de Premier ministre en trois ans. Le 23 novembre 2008, il échappe à une tentative d’assassinat dirigée par d’une dizaine de soldats.

Le 25 décembre, il est contrait de nommer au poste de Premier ministre Carlos Gomes Junior, chef de l’ex-parti unique PAIGC, sorti grand vainqueur des élections législatives de novembre et avec qui il entretient de mauvaises relations.