Société

Wade: « Pas de procès de Hissène Habré si le budget n’est pas disponible »

Le président sénégalais Abdoulaye Wade estime que le procès de l’ex-chef d’Etat tchadien Hissène Habré, poursuivi pour crimes de guerre et réfugié au Sénégal, ne s’ouvrira pas si le budget « n’est pas disponible », rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS, publique).

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Mis à jour le 6 mars 2009 à 15:28

"Il faut que la somme soit disponible ici au Sénégal et pas ailleurs. Qu?elle soit gérée par l?Union européenne qui est très intéressée par ce procès et pas par le Sénégal", a affirmé M. Wade, cité par l’APS.

"Le Sénégal ne gérera pas un franc des frais destinés au procès d?Hissène Habré", a dit le président Wade lors d?un forum organisé sur le genre par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Dakar.

"Nous ne pouvons pas (fournir) les frais du procès. C?est impossible. Nous voulons bien organiser le procès d?Hissène Habré, mais pas dans ces conditions-là. Nous n?ouvrirons pas ce procès si les frais ne sont pas disponibles", a-t-il martelé.

Le Sénégal a été mandaté en juillet 2006 par l’Union africaine (UA) pour juger l’ex-dictateur tchadien, réfugié au Sénégal après sa chute en 1990, pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et torture. Mais aucune information judiciaire n’a été ouverte.

Dakar estime avoir besoin de 27 millions d’euros pour juger M. Habré, un montant jugé trop élevé par les bailleurs de fonds potentiels.

La Belgique a, en septembre 2005, émis un mandat d’arrêt international contre Hissène Habré, auquel le Sénégal n’a pas donné suite.

La Belgique a demandé à la Cour internationale de justice (CIJ) d’ordonner au Sénégal de poursuivre pénalement l’ancien président tchadien Hissène Habré ou de l’extrader pour qu’il soit jugé en Belgique, a annoncé vendredi la CIJ le 20 février.