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Spécial Guinée Bissau: Le président Vieira assassiné

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Spécial Guinée Bissau: Le président Vieira assassiné

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Société

La RADDHO réclame une enquête internationale

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), une ONG basée à Dakar, a appelé jeudi à la mise en place d’une commission d’enquête internationale sur les assassinats du chef de l’Etat et du chef d’Etat-major des armées en Guinée-Bissau les 1er et 2 mars. L’assassinat de João Bernardo Vieira, président de Guinée-Bissau, quelques heures après celui du chef d’état-major de l’armée bissau-guinéenne, a porté un coup sévère aux efforts déployés en faveur d’un gouvernement civil stable dans le pays, accablé par les putschs, selon les analystes.

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Mis à jour le 11 mars 2009 à 18:15

Le président Joao Bernardo Vieira avait été sauvagement battu et tué par des militaires, quelques heures après la mort dans un attentat du chef d’état-major des armées, le général Batista Tagmé Na Waié.

"Nous appelons à la constitution d’une commission d’enquête internationale sous l’égide des Nations unies pour faire la lumière sur les deux assassinats", a déclaré à l’AFP Alioune Tine le président de la Raddho, une des plus importantes ONG de ce genre en Afrique.

"Nous ne croyons pas à la commission nationale d’enquête", décidée par le gouvernement et composée de cinq policiers, trois magistrats et deux militaires, sur ces deux assassinats, a ajouté M. Tine.

Cette commission nationale, dirigée par le procureur général de la République de Guinée-Bissau, Luis Manuel Cabral, a démarré jeudi l’enquête sur la mort de Vieira et Na Waié, selon une source au parquet de Bissau.

"Avec la défaillance de l’Etat, les narco-trafiquants ont pris la place laissée vacante par les institutions internationales", ajoute la Raddho.

Elle estime "urgent, pour prévenir les conflits, d’envoyer des troupes d’interposition sous l’égide des Nations-unies".

Les assassinats et tentatives d’assassinat de personnalités jamais élucidés ont ponctué l’histoire de la Guinée-Bissau, indépendante du Portugal depuis 1974.

Le petit pays, déstabilisé depuis des décennies par les antagonismes personnels de ses dirigeants et la prépondérance des militaires, est devenu depuis 2005 un point de transit de la cocaïne sud-américaine vers l’Europe.