Politique

Les partisans de Ravalomanana ne veulent pas de la Haute autorité de la transition

Les partisans du président malgache déchu Marc Ravalomanana boycottent les assises nationales qui se tiennent jeudi et vendredi. Ils contestent le fond des discussions de cette rencontre, qui doit notamment préciser les missions de la Haute autorité de transition d’Andry Rajoelina.

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Mis à jour le 2 avril 2009 à 08:51

Le parti de Marc Ravalomanana, président évincé de Madagascar, a annoncé mercredi qu’il ne participerait pas aux assises nationales organisées jeudi et vendredi par la Haute autorité de la transition (HAT) qui dirige actuellement le pays.

"Nous voudrions bien qu’il y ait des assises, mais nous ne sommes pas d’accord sur le contenu", a déclaré à l’AFP Raharinaivo Andrianantoandro, porte-parole du TIM, le parti de M. Ravalomanana.

"Il faut d’abord discuter de la sortie de crise"

"Il faut d’abord discuter de la sortie de crise. La légalisation de la HAT est le but ultime de ces assises, c’est ça que nous contestons", a-t-il ajouté, en réclamant le retour de M. Ravalomanana et la réhabilitation du Parlement, suspendu par le nouveau régime.

Le nouveau régime dirigé par le président de la HAT, Andry Rajoelina, organise jeudi et vendredi des assises nationales, qui pourraient déterminer la date d’une éventuelle élection présidentielle.

M. Rajoelina a annoncé mardi la composition de la HAT chargée de gérer les affaires du pays pour une durée maximale de 24 mois en vue d’élections.

Les attributions et le fonctionnement de cette HAT demeurent flous et devront être précisés durant ces assises.

Contre-assises

Le TIM a annoncé qu’il organisera vendredi ses propres assises, y invitant des "élus des provinces, la société civile, des religieux, et surtout des militaires".

"On va faire une espèce de brainstorming pour proposer plusieurs scénarii de sortie de crise", a expliqué M. Andrianantoandro.

Lâché par l’armée, Marc Ravalomanana a été contraint à la démission le 17 mars et a transféré les pleins pouvoirs à un directoire militaire, qui les a remis quelques heures plus tard à M. Rajoelina.

La crise politique et sociale à Madagascar a fait plus d’une centaine de morts depuis fin janvier, dont au moins 30 tués par la garde présidentielle. Elle avait tiré le 7 février sur des partisans de M. Rajoelina, selon un nouveau bilan de source hospitalière.

Un précédent bilan faisait état de 28 morts. "Deux personnes sont décédées après" des suites de leurs blessures, a précisé à l’AFP Cornell Rafolohanitrarivo, chef des urgences de l’hôpital HJRA, le plus grand de la capitale.