Politique

Hama Amadou en liberté provisoire pour raison médicale

Hama Amadou a été remis en liberté provisoirement jeudi soir pour raison de santé. L’ex-Premier ministre nigérien, incarcéré depuis juin 2008, doit rester à disposition de la justice dans le cadre des accusations de détournement de fonds publics dont il fait l’objet.

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Mis à jour le 24 avril 2009 à 12:43

La libération provisoire jeudi soir de l’ex-Premier ministre nigérien Hama Amadou suspend momentanément la procédure judiciaire enclenchée contre lui il y a dix mois pour détournement présumé de fonds publics, mais celle-ci pourrait reprendre dès son retour de soins.

Après dix mois d’incarcération, Hama Amadou, dont l’état de santé s’est récemment dégradé, est sorti de prison jeudi soir.

Au milieu des tam-tam et des youyous, il a été accueilli triomphalement devant chez lui par des milliers de personnes, essentiellement des militants de son parti, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD), au pouvoir.

Durant sa liberté provisoire Hama Amadou, 59 ans, qui a été longtemps présenté comme le possible successeur du président Mamadou Tandja, devra s’abtenir de toute activité politique.

Liberté surveillée

Et au risque de "remettre en cause l’attitude bienveillante de la justice à son égard", il ne devra "adopter aucune attitude arrogante et de provocation", a prévenu jeudi Moumouni Djermakoye Adamou, le président de la Haute cour de justice qui l’a remis en liberté conditionnelle à la majorité de ses sept juges, des députés issus des partis représentés au Parlement.

Autre contrainte, Hama Amadou devra pouvoir "répondre à tout moment" aux convocations de la Haute cour en vue de "l’examen de la question au fond", et l’informer de tous ses déplacements.

La décision, sans appel, de la Haute cour ne signifie ainsi en aucun cas "la fin des poursuites", a commenté Marc Lebihan, un des avocats de l’ex-Premier ministre.

Incarcéré depuis le 26 juin 2008, M. Amadou est poursuivi pour le détournement présumé de 39 millions de francs CFA (59. 300 euros) de fonds publics.

"Notre préoccupation première est que M. Amadou aille se soigner", a précisé Me Lebihan, qui avait reçu jeudi le soutien de plusieurs collègues africains, dont l’ex-Premier ministre togolais Yawovi Agboyibo.

En fonction de l’état de santé de l’ancien Premier ministre, la Haute cour fixera une date pour son procès.

Hypotension et hypoglycémie

Selon ses avocats, M. Amadou souhaite être admis à l’hôpital américain de Neuilly à Paris, conformément à l’avis émis le 25 mars par des médecins du Conseil national de santé.

Son épouse, Hama Hari, avait alors précisé à l’AFP qu’il souffrait "d’hypotension (baisse de la tension artérielle) et d’hypoglycémie (taux de sucre anormalement bas dans le sang)".

En dépit de ses démêlés judiciaires et son déboulonnement fin février à la tête du parti MNSD, où il devait légalement rester jusqu’en 2010, Hama Amadou compte toujours de nombreux fidèles y compris au sein du parti.

Manifestations de soutien

Des manifestations de soutien en sa faveur ont eu lieu ces dernières semaines à Niamey, et récemment à Zinder, la deuxième ville du Niger (centre-est) ainsi que dans plusieurs localités notamment à Diffa (sud-est), la région natale du président Tandja.

Au pouvoir depuis 1999, le MNSD est déchiré entre les partisans du président Tandja et M. Amadou. Celui-ci accuse le chef de l’Etat d’être derrière une "machination" pour l’écarter de la présidentielle de 2009.

Constitutionnellement, M. Tandja ne peut pas se représenter après deux mandats consécutifs mais il a récemment laissé planer le doute sur ses intentions.