Politique

L’ONU condamne les insurgés et met en garde l’Erythrée

Les Nations unies s’inquiètent de la situation politique qui se dégrade de jour en jour à Mogadiscio. L’organisation soupçonne par ailleurs l’Erythrée d’approvisionner les insurgés shebab en armes.

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Mis à jour le 15 mai 2009 à 18:33

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné vendredi les tentatives de renverser le gouvernement par la force en Somalie et mis en garde l’Erythrée, soupçonnée d’armer les insurgés.

Le Conseil "réaffirme son soutien au gouvernement fédéral de transition comme détenteur de l’autorité légitime en Somalie (…) et condamne la récente reprise des combats par les shebab et autres extrémistes, qui constitue une tentative de renverser cette autorité par la force", dans une déclaration adoptée à l’unanimité.

Il "exige que les groupes d’opposition cessent immédiatement leur offensive, déposent les armes, renoncent à la violence et se joignent aux efforts de réconciliation".

Violation de l’embargo sur les armes

Le Conseil "se dit préoccupé par les informations selon lesquelles l’Erythrée a fourni des armes à ceux qui s’opposent au gouvernement de transition (GFD) somalien, en violation de l’embargo de l’ONU sur les armes et demande à son comité des sanctions d’ouvrir une enquête".

Il réitère sa conviction que l’Accord de paix de Djibouti, conclu en juin 2008 entre le GFT et un groupe d’opposition islamiste modéré, "constitue le fondement d’une résolution durable du conflit en Somalie".

Le Conseil exhorte la communauté internationale à soutenir le gouvernement, réitère son soutien à la mission de paix de l’Union africaine (UA) en Somalie (Amisom) et condamne les hostilités à son égard.

La déclaration a été lue en séance par l’ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine.

Plus de 100 morts en huit jours

La population fuyait Mogadiscio vendredi, terrorisée par la perspective de nouveaux combats sanglants suite à l’offensive des islamistes radicaux contre les forces pro-gouvernementales somaliennes, avec un bilan déjà lourd d’au moins 103 morts et 18. 000 déplacés en huit jours.

Jeudi, les insurgés se sont déployés à proximité du palais présidentiel et d’institutions publiques, dans un face à face tendu avec les forces gouvernementales et celles de l’Amisom, forte de 4. 000 soldats et pro-gouvernement.

Jeudi également, les Etats-Unis avaient accusé l’Erythrée de "souffler sur les braises de la violence" en Somalie et exigé qu’elle cesse de soutenir les groupes extrémistes à Mogadiscio.

Des combattants étrangers renforcent les shebab

Cette dernière offensive des insurgés, menée par le chef radical cheikh Hassan Dahir Aweys, est sans précédent contre le président Sharif Sheikh Ahmed, un islamiste modéré.

Le gros des insurgés est constitué des combattants de cheikh Aweys et du groupe des shebab. Ces derniers ont reconnu cette semaine pour la première fois la présence de combattants étrangers dans leurs rangs.

Comme les shebab, cheikh Aweys, recherché par Washington pour liens présumés avec Al-Qaïda, exige le départ de l’Amisom.

La Somalie est plongée dans la guerre civile depuis 1991.