Politique

Le MEND porte un coup à la production de pétrole

Les rebelles du Mend ont attaqué plusieurs oléoducs, portant un coup à la production de pétrole

Les rebelles du Mend ont attaqué plusieurs oléoducs, portant un coup à la production de pétrole © AFP

En réponse à l’opération d’envergure lancée par l’armée nigériane pour les chasser, les rebelles du Mend s’en sont pris à des installations pétrolières du Delta du Niger, causant un ralentissement de la production de barils.

Les rebelles du Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger (Mend) ont affirmé lundi avoir détruit plusieurs importants oléoducs dans le sud pétrolifère du Nigeria, où l’armée mène une vaste opération pour les "chasser" totalement de la région.

Dans un e-mail adressé aux médias, le Mend a assuré que ses combattants "ont détruit des tronçons importants de pipelines pour entraîner l’assèchement de l’approvisionnement du réservoir de stockage de Chevron dans le Delta".

Le groupe armé a ajouté que les lieux d’approvisionnement touchés concernaient "Chevron (à Alero creek), Otunana, Abiteye, Makaraba et Dibi".

Le géant pétrolier américain Chevron a pour sa part indiqué que sa production avait baissé de 100.000 barils par jour (b/j) à la suite d’une attaque de rebelles contre un de ses oléoducs.

"La compagnie Chevron Nigeria Limited (CNL) (…) peut confirmer que l’un de ses pipelines a été coupé dans le secteur d’Abiteye dans l’Etat du Delta, dimanche (24 mai)", selon un communiqué du groupe. "Afin de protéger l’environnement, l’incident a entraîné la fermeture de la production d’environ 100.000 b/j dans les marais du Delta", indique Chevron en annonçant une enquête sur le sabotage.

Partager les richesses

Le Mend, qui affirme se battre pour les populations misérables du delta du Niger afin de parvenir à un meilleur partage des richesses, a également réitéré ses menaces concernant un blocage des exportations de pétrole.

Le groupe, qui s’est taillé une notoriété avec ses multiples prises d’otages de ressortissants étrangers travaillant dans le secteur pétrolier, a ajouté que les sabotages de lundi matin étaient une réponse aux "souffrances" infligées aux communautés locales par les troupes gouvernementales.

Depuis dix jours, l’armée mène des opérations de ratissage dans l’Etat de Delta, affirmant vouloir "complètement chasser" les rebelles de la région.

Selon des médias locaux, qui accusent les forces armées de mener des bombardements à l’aveugle et d’incendier des maisons, des centaines d’habitants ont fui la principale zone ciblée par l’armée jusqu’à présent, Gbaramatu Kingdom,

Et, selon Amnesty International, quelque 20.000 personnes se trouvaient la semaine dernière au coeur d’affrontements entre l’armée nigériane et les rebelles dans le delta du Niger.

La force spéciale militaro-policière, la Joint Task Force (JTF), déployée dans la région, a déclaré de son côté qu’elle menait uniquement des opérations d’encerclement pour localiser des militants du Mend et les lieux où ils retiennent leurs otages.

"La Joint Task Force pourchasse des ombres depuis deux semaines et n’a enregistré aucun succès militaire. Nous allons continuer notre stratégie du chat et de la souris avec eux tant que les exportations de pétrole ne cesseront pas", a menacé le Mend.

Avantage sur l’armée

Le Mend a annoncé une "guerre totale" la semaine dernière suite à des affrontements avec l’armée.

La zone la plus touchée – Gbaramatu Kingdom – n’est accessible que par bateau pour les habitants de Warri, la plus grande ville située à proximité, mais le trafic fluvial a été interrompu, selon eux, par l’armée dans la région.

Selon des observateurs, le Mend bénéficie d’un net avantage sur l’armée avec une meilleure connaissance des multiples criques du delta du Niger.

Cette région, d’où le Nigeria tire 95% de ses devises, est secoué depuis 2006 par de multiples sabotages d’oléoducs, attaques de navires et enlèvements d’employés locaux et étrangers du secteur pétrolier.

La production de brut nigérian a chuté à environ 1,76 million de barils par jour en avril, selon les derniers chiffres de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), contre 2,6 millions en 2006.

 

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