Défense

A Mogadiscio, l’Amisom se sent incomprise

Juvenal Niyoyunguruza le 28 mai 2009 à Mogadiscio © AFP

La Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) a le sentiment que la population ne comprend pas sa présence à Mogadiscio, a déclaré le général burundais Juvénal Niyoyunguruza, commandant adjoint de cette force de paix, dans une interview à l'AFP.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles est confrontée l’Amisom ?

Juvénal Niyoyunguruza: La principale difficulté c’est la compréhension de la mission par la population somalienne parce qu’elle ne voit pas le but de notre mission et croit que nous sommes venus pour combattre du côté du gouvernement. Ils ne croient pas du tout en notre neutralité.

Même les insurgés n’ont pas compris que nous sommes là pour une mission de paix, pour aider à la réconciliation et la stabilisation de la Somalie, à protéger les institutions et faciliter l’accès de l’assistance humanitaire. C’est pourquoi ils nous attaquent.

Le gouvernement (somalien) doit faire comprendre notre neutralité à la population. Il doit aussi faire comprendre ses objectifs afin que tous les Somaliens se sentent concernés et combattent pour la paix.

Quelles actions menez-vous pour faire comprendre votre action à la population ?

Nous faisons des actions en faveur des populations, des distributions d’eau potable, l’accès au dispensaire, parce les Somaliens n’ont pas accès aux centres de santé. A ceux qui viennent chez nous on explique notre rôle et ils nous jugent sur nos actes.

L’acharnement contre nous, je peux l’expliquer de différentes façons: d’abord nous sommes près de là où sont les insurgés. Ils ont un accès facile à nos positions. S’ils veulent faire un coup de publicité, ils vont taper là où c’est le plus facile.

Nous sommes aussi bombardés à distance par des mortiers, des fois 10 fois dans une seule journée. Mais on ne peut pas riposter parce qu’ils se mettent là où il y a beaucoup de population, alors si on utilise l’artillerie, on risque de toucher des victimes innocentes et prises en otage. C’est notre grand obstacle.

Ne pensez-vous pas que le principal problème est d’être venu en Somalie en mission de maintien de la paix quand il n’y a encore aucune paix à maintenir ?

La paix, c’est relatif. Il fallait bien commencer quelque part. Nous avons fait le sacrifice pour aider les Somaliens à reconquérir la paix. La paix viendra bien sûr, mais c’est un processus.

Les moyens dont nous disposons pour la paix sont suffisants. Ca va prendre du temps, des obstacles, mais je suis optimiste. Ils sont en train d’avancer vers la paix. Le gouvernement actuel ne veut plus recourir à la force pour avoir la paix, il est pour la réconciliation mutuelle et le dialogue.

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