Sport

Blancs et Noirs unis pour la Coupe des Confédérations ?

Après le rugby, c'est au football de rassembler un pays toujours racialement divisé ©

L'Afrique du Sud lance le coup d'envoi de la Coupe des Confédérations de football dimanche. Les organisateurs espèrent que cette compétition internationale permettra de souder les Blancs et les Noirs.

Quand le premier président noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela, vêtu du maillot national, a remis la Coupe du monde de rugby aux Springboks en 1995, il incarnait l’élan de la nation tout entière. Quatorze ans plus tard, c’est au football de rassembler un pays toujours racialement divisé.

Grâce à la Coupe des Confédérations en juin, puis au Mondial 2010 de football, "nous voulons créer une harmonie entre les différents groupes ethniques comme en 1995, lorsque tous les Sud-Africains se sont unis derrière l’équipe nationale de rugby", espère Rich Mkhondo, porte-parole du comité local d’organisation (LOC).

"Sport de Blancs", "Sport de Noirs"

Mais, quinze ans après la chute de l’apartheid, les divisions raciales demeurent très présentes et le domaine sportif en reste un symbole flagrant: l’étiquette de "sport de Blancs" colle toujours au rugby et celle de "sport de Noirs" au football.

Sous le régime ségrégationniste, le rugby symbolisait la fierté des Afrikaners, descendants des premiers pionniers européens, tandis que le football était réservé aux Noirs, cantonnés dans les townships et privés de financements ou d’équipements.

Un simple regard aujourd’hui sur les stades montrent que la mayonnaise n’a pas pris depuis 1995: peu de Blancs supportent les équipes locales de football et les Noirs se déplacent rarement aux matchs de rugby.

"Je ne sais pas pourquoi la majorité des Sud-Africains Blancs ne vont pas soutenir les équipes locales", reconnaît le porte-parole de l’Association sud-africaine de football (SAFA) Mario Senyane.

Unir tous les supporters sud-africains

L’amour du ballon rond n’est pas en jeu, "car lorsque Manchester United (équipe anglaise) a joué contre Kaiser Chief et Orlando Pirates (équipes sud-africaines de Soweto), le stade était rempli de Blancs", remarque-t-il. Les organisateurs de la Coupe des Confédérations entendent changer la donne et espèrent que la compétition internationale, organisée du 14 au 28 juin, va unir tous les supporteurs sud-africains un an avant la Coupe du monde.

Pour promouvoir ces deux événements, le LOC fait la tournée des écoles et le Conseil international de marketing, créé en 2002 par le gouvernement afin d’améliorer l’image de l’Afrique du Sud, a prévu de distribuer quelque 47 millions de drapeaux nationaux d’ici au Mondial.

Deux spots publicitaires ont été réalisés pour toucher plus de 600 millions de téléspectateurs à travers le monde. L’un d’entre eux présente le "diski" (football en argot), une danse inspirée par les mouvements des joueurs de foot.

Organisateurs confiants

Ils espèrent qu’elle deviendra un symbole de la Coupe et pourquoi pas un phénomène mondial comme la Macarena, qui a fait le tour de la planète avec sa célèbre chorégraphie.

Les organisateurs se disent confiants malgré le peu d’enthousiasme suscité jusqu’à présent par la Coupe des Confédérations dans le pays.

"Quand l’Afrique du Sud a obtenu son ticket en 2004 pour organiser la compétition, on a vu l’ensemble du pays se lever, jeunes et vieux, Noirs et Blancs", se souvient Margaret Dingalo du Conseil international de marketing. Selon elle, la Coupe des Confédérations et le Mondial-2010, "c’est presque encore une fois notre moment de gloire de 1995. "

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