Politique

Le Mend affirme avoir détruit un oléoduc de Shell

Les rebelles du Mend affirment combattre pour un meilleur partage des richesses © AFp

Le principal groupe armé sévissant dans le sud pétrolifère du Nigeria, le Mend, a affirmé tard mercredi soir avoir détruit à l'aide d'explosifs un oléoduc "important" de la compagnie anglo-néerlandaise Shell.

Le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend) déclare dans un communiqué avoir "détruit avec d’importants explosifs un oléoduc important appartenant à Shell", dans l’Etat de Bayelsa (région du delta du Niger, sud).

Le groupe armé, qui a annoncé le 7 juin le lancement d’une "guerre du pétrole" après des heurts avec l’armée, précise que ses combattants ont mené cette attaque vers 20H30 (19H30 GMT).

Il ajoute que l’oléoduc en question, qui alimente l’important terminal d’exportation de brut de Forcados, a été attaqué au niveau de son axe Agge/Odimodi.

Le Mend, qui a plusieurs fois mis en garde ces dernières semaines contre un regain de violence et appelé les nombreuses compagnies pétrolières internationales opérant dans le delta du Niger à évacuer leur personnel, appelle Shell à quitter la région "afin d’éviter des dommages collatéraux (. . . ) et la mort d’employés".

Le groupe indique avoir mené l’attaque contre Shell "pour montrer son mécontentement par rapport à la réaction du gouvernement" face à la mort de deux hommes du delta du Niger qui ont été tués, selon le Mend, par l’armée sans raison. "Cette attaque est dédiée aux deux frères", affirme-t-il.

Multiplication des attaques

Depuis plusieurs semaines, l’organisation clandestine, qui affirme se battre au nom des populations locales pauvres du delta du Niger et pour un meilleur partage des richesses, a multiplié les attaques contre les installations de la compagnie pétrolière américaine Chevron, dans l’Etat du Delta, un autre Etat pétrolifère de la région.

Depuis plus de trois ans, le delta du Niger est secoué par des violences perpétrées par des groupes armés qui multiplient sabotages d’installations pétrolières, attaques de navires et enlèvements d’employés du secteur du pétrole, Nigérians comme étrangers.

Shell, l’un des principaux groupes pétroliers opérant dans le delta, a régulièrement été la cible de ces attaques.

Shell fait face

Plus tôt jeudi, la compagnie a annoncé avoir déclaré l’état de force majeure pour son terminal d’exportation de Forcados à compter du 16 juin, entraînant la non-garantie des livraisons du reste du mois et de juillet.

Shell a indiqué avoir pris cette décision en raison de retards causés par des dégâts sur un oléoduc majeur, le Trans-Escravos, attaqué début mars par des individus non identifiés.

Suite aux dégâts causés sur cet oléoduc, Shell avait dans un premier temps déclaré le 7 mars la force majeure pour les livraisons du terminal de Forcados de mars et avril. La mesure avait ensuite été maintenue en mai.

Les violences dans le delta du Niger, région clé pour le Nigeria qui en tire plus de 90% de ses devises, ont fait chuter la production de brut nigérian d’environ un tiers depuis 2006. Sa production s’élève à environ 1,8 million de barils par jour actuellement contre environ 2,6 millions de b/j alors.

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