Politique

Succession d’Omar Bongo: une élection dans 60 jours

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Mis à jour le 2 juillet 2009 à 11:18

La présidente du Gabon par intérim Rose Francine Rogombé estime que l’éléction du nouveau président pourrait avoir lieu d’ici 60 jours. Légalement, le délai d’attente à partir la prise de fonctions du chef d’Etat intérimaire est de 45 jours.

Le délai pour l’organisation de la présidentielle qui désignera le successeur d’Omar Bongo à la tête du Gabon pourrait dépasser les 45 jours légaux pour atteindre 60 jours, a déclaré jeudi la présidente par intérim Rose Francine Rogombé à Radio France Internationale (RFI).

D’après la Constitution, le scrutin doit avoir lieu 45 jours au plus tard après la prise de fonction du président par intérim, intervenue le 10 juin, sauf "cas de force majeure".

"S’il se trouvait que les 45 jours ne suffisent pas, on pourrait voir avec la Cour constitutionnelle, avec les institutions qui sont autorisées à constater le cas de force majeure", a-t-elle déclaré.

Selon elle, le délai doit être "pas trop court parce qu’il ne faut pas donner l’impression qu’on veut bâcler et pas trop long, sinon on rentrerait dans l’illégalité". Interrogée sur l’option d’un délai porté à 60 jours prônée par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir, parti du président défunt), Mme Rogombé a répondu: "Oui, on peut".

L’opposition gabonaise, qui a été reçue fin juin par la présidente par intérim, estime de son côté qu’il faut "cinq à six mois" pour organiser une élection présidentielle.

Mme Rogombé, qui aux termes de la Constitution ne peut pas être candidate, a précisé qu’elle ne ferait pas connaître sa préférence parmi les candidats au scrutin. "Je considère que je suis là pour assurer l’équilibre. Je ne ferai pas connaître ma préférence", a-t-elle dit.

Elle a ajouté que le PDG ne devrait pas organiser de primaires pour désigner son candidat. "Nous avons opté pour le consensus, nous allons essayer de gérer ça pour ne pas aller aux primaires", a-t-elle déclaré, précisant que le parti au pouvoir n’avait pas de "candidat naturel".

"On ne peut pas parler de candidat naturel, puisque le président (Omar Bongo) est parti sans nous laisser un nom, sans dire quelque chose", a-t-elle indiqué.

Le président gabonais Gabon Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans et doyen des chefs d’Etat africains en exercice, est mort le 8 juin à l’âge de 73 ans.