Politique

L’UE bloque le versement d’une aide pour faire pression sur Tandja

La Commission européenne a bloqué le « paiement d’un financement de l’aide budgétaire » destiné au Niger. Cette mesure vise à faire pression sur le président Mamadou Tandja, qui s’obstine à organiser un référendum pouvant lui permettre de briguer un nouveau mandat.

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Mis à jour le 11 juillet 2009 à 19:50

Tandja s’obstine à organiser un référendum pouvant lui permettre de briguer un nouveau mandat

La Commission européenne a bloqué le versement d’une aide au budget de l’Etat du Niger pour protester contre la dérive autoritaire du président Mamadou Tandja, a-t-on appris samedi auprès des services du Développement.

"Une lettre a été adressée au président Tandja pour l’informer de la décision de surseoir pour le moment au paiement d’un financement de l’aide budgétaire", a appris l’AFP auprès des services du commissaire Louis Michel.

"Il ne s’agit pas d’une suspension de l’aide", a-t-on assuré.

"Mais dans la situation actuelle, la Commission considère que la gouvernance est mise à mal et qu’elle ne peut pas procéder à ce paiement", a-t-on expliqué.

Pression pour un "dialogue politique renforcé"

Le montant de cette aide n’a pas été précisé, mais il s’agit d’un "financement destiné aux dépenses de l’Etat".

C’est une manière pour la Commission d’exercer une pression sur le président Tandja, afin de l’inviter à renoncer à ses projets condamnés par la Cour constitutionnelle du Niger et à "instaurer un dialogue politique renforcé en vue d’une solution constitutionnellement valable pour sortir de l’impasse actuelle", a-t-on indiqué.

Louis Michel avait condamné fin juin la dissolution de la Cour Constitutionnelle par le président Tandja après le rejet de son projet de référendum en vue d’amender la Constitution et de lui permettre un troisième mandat présidentiel.

L’inquiétude du commissaire européen au développement

"Je suis très inquiet quant à l’évolution de la situation politique au Niger", avait déclaré le commissaire au Développement.

"Aujourd’hui tout risque d’être remis en question", avait-il déploré, soulignant "la stabilité intérieure" au Niger au cours des dix dernières années.

"Je souhaite faire part de cette préoccupation directement au Président Tandja, à qui je suis dans l’obligation de rappeler que les décisions de ces derniers jours remettent gravement en question les éléments essentiels de l’Accord de Cotonou signé entre l’Union Européenne et le Niger, ce qui pourrait avoir des conséquences directes sur notre coopération", avait-il averti.