Société

Une journaliste risque 40 coups de fouet pour tenue « indécente »

Une journaliste soudanaise de renom, accusée de s’être habillée de façon « indécente », a indiqué dimanche qu’elle était passible de 40 coups de fouet en cas de condamnation pour un tel crime.

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Mis à jour le 12 juillet 2009 à 21:00

Dix femmes avec lesquelles Lubna Ahmed al-Hussein a été arrêtée ont été fouettées

Lubna Ahmed al-Hussein, qui publie régulièrement des billets dans le journal de gauche al-Sahafa et travaille aussi pour la Mission des Nations unies au Soudan (Unmis), a été arrêtée la semaine dernière à Khartoum. Elle est accusée de s’être vêtue de manière contraire à l’ordre public.

"Le 3 juillet, j’étais au restaurant. Des policiers sont entrés et ont demandé aux filles qui portaient des pantalons de les suivre" au commissariat, a-t-elle dit à l’AFP.

10 filles fouettées

"Ils m’ont emmenée ainsi que 12 autres filles, dont des ‘sudistes’ (. . . ). Deux jours plus tard, 10 d’entre elles ont été convoquées au commissariat dans le centre de Khartoum et ont reçu 10 coups de fouet chacune", a ajouté la jeune femme, qui porte le foulard islamique.

Les trois autres femmes, dont elle fait donc partie, ont été accusées "en vertu de l’article 152 du code pénal soudanais", a-t-elle ajouté, soulignant que la date de son audience n’avait pas encore été fixée.

"Je veux que les gens sachent ce qui s’est passé"

Cet article de loi prévoit une peine de 40 coups de fouet pour quiconque "commet un acte indécent ou un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents", selon le texte de loi.

"Je veux que les gens sachent ce qui s’est passé", a ajouté la journaliste.

Contrairement à d’autres pays de la région, les femmes sont très présentes dans la vie publique au Soudan, un pays majoritairement musulman. Mais certaines lois demeurent discriminatoires à leur égard, estiment des organisations de défense des droits de l’Homme.