Société

Taylor trouve normal d’avoir exposé « des crânes, symboles de mort »

L'ex-président du Liberia Charles Taylor à La Haye le 13 juillet 2009

L'ex-président du Liberia Charles Taylor à La Haye le 13 juillet 2009 © AFP

L’ancien chef d’Etat libérien a déclaré à son procès qu’il ne voyait « rien de mal » à avoir laissé ses troupes disposer les crânes des ennemis tués aux postes de contrôle. C’était « ce qui adviendrait à celui qui agirait mal », s’est-il justifié.

L’ex-président du Liberia Charles Taylor a déclaré jeudi à son procès à La Haye n’avoir "rien vu de mal" au fait que ses troupes montraient des crânes humains à des postes de contrôle durant sa "révolution" au Liberia en 1989-90.

"Les crânes étaient un symbole de mort. Des soldats ennemis avaient été tués et leurs crânes utilisés. Je le savais et cela ne me dérangeait pas", a raconté Charles Taylor, qui témoigne depuis mardi dans son procès pour crimes de guerre et contre l’humanité devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL).

"Je les ai vus (aux postes de contrôle). J’ai enquêté (. . . ) et je suis arrivé à la conclusion qu’il n’y avait rien de mal", a-t-il poursuivi. "Nous ne sommes pas en train de parler de crânes éparpillés partout", a-t-il ajouté, mais seulement "à certains carrefours stratégiques".

Les crânes signifiaient que "la mort avait frappé l’ennemi", selon l’accusé, qui a nié avoir donné l’ordre d’exposer les crânes aux points de contrôle. C’était "ce qui adviendrait à celui qui agirait mal", a aussi expliqué Charles Taylor.

Il a tenté d’établir une distinction entre les crânes et des têtes humaines, qualifiant de "mensonge flagrant et diabolique le fait que moi, Charles Ghankay Taylor, ou qui que ce soit d’autre aurait pu passer à côté d’une tête humaine".

"Je n’ai vu que des crânes et je n’aurais permis à quiconque de tuer et d’exposer une tête humaine", a-t-il ajouté.

Charles Taylor est jugé depuis janvier 2008 pour avoir dirigé en sous-main les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF) qui ont ravagé la Sierra Leone de 1991 à 2001 afin de se procureur les ressources, notamment des diamants, de ce pays voisin du Liberia.

Lancée en 1989, la "révolution" de Charles Taylor, qui devait selon lui renverser Samuel Doe au Liberia, a déclenché une guerre civile de 14 ans qui a causé la mort de 250.000 personnes.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte