Société

Deux attentats à la bombe font au moins 9 morts à Jakarta

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Mis à jour le 17 juillet 2009 à 09:09

Au moins neuf personnes ont été tuées et 41 autres sérieusement blessées, dont des étrangers, dans des attentats qui ont dévasté vendredi matin deux hôtels de luxe de Jakarta, en Indonésie, dont l’un avait déjà été visé par des terroristes en 2003.

 Les explosions ont frappé peu avant 08H00 (01H00 GMT) l’hôtel Ritz Carlton et le Marriott, tous deux situés dans le quartier des affaires de Kuningan, dans le centre-ville. Elles ont été provoquées par des "bombes de forte puissance", a annoncé le ministre de la Sécurité indonésienne, Widodo Adi Sucipto.

"Le nombre de tués s’élève à neuf. Huit sont morts sur les lieux et un à l’hôpital", selon un porte-parole de la police, Nanan Soekarna. "Il y a aussi 41 blessés, dont 14 étrangers", a-t-il ajouté.

Deux heures plus tard, l’alerte était de nouveau donnée à Jakarta après l’explosion d’un véhicule dans un quartier commercial. Mais celle-ci n’a pas été provoquée par une bombe, comme l’ont annoncé des médias locaux, mais par la batterie défectueuse du véhicule, a annoncé la police.

Peu après,une autre bombe a été découverte et désamorcée dans une chambre de l’hôtel Marriott, a indiqué un haut responsable indonésien. La bombe, ainsi que du matériel explosif, ont été trouvés au cours des recherches menées dans les étages de l’hôtel de luxe après l’explosion du premier engin, a indiqué un conseiller de la présidence indonésienne, Djali Yusuf. "La police anti-terroriste a réussi à désamorcer l’engin", a-t-il précisé.

L’ombre de la Jemaah Islamiyah ?

La première explosion s’est produite quelques minutes avant 08H00 dans un café situé au sous-sol de l’hôtel Marriott. La seconde a dévasté, deux minutes plus tard, un restaurant du Ritz Carlton, alors que des clients y prenaient le petit déjeuner.

"Tout d’un coup, le plafond est tombé et on a entendu un bruit énorme", a indiqué Cho In Sang, un Sud-coréen de 50 ans, qui était au Ritz Carlton et a été conduit à l’hôpital pour des blessures aux bras et aux jambes. "J’ai entendu deux bruits d’explosion comme ‘boum, boum’ venant du Marriott et du Ritz Carlton. Et j’ai vu ensuite des gens s’enfuir", a ajouté un garde de sécurité, Eko Susanto.

Les forces de l’ordre ont bloqué l’accès aux deux hôtels, dont une partie des fenêtres a volé en éclats, a constaté un photographe de l’AFP. Des débris de toutes sortes jonchaient le sol.

 La capitale indonésienne n’avait pas été visée par des attentats depuis celui du 9 septembre 2004 qui avait provoqué la mort de 10 personnes devant l’ambassade d’Australie. Un an plus tôt, le 5 août 2003, l’hôtel Marriott avait déjà été victime d’un attentat, qui avait tué 12 personnes.

Cette série d’attentats avait été attribué à la Jemaah Islamiyah (ou "Communauté islamique"), un réseau terroriste ayant pour objectif la création d’un Etat islamique en Asie du Sud-est.

Terrorisme impopulaire

Ces explosions interviennent deux jours avant l’arrivée des joueurs du célèbre club de football anglais de Manchester United, qui devaient séjourner au Ritz Carlton avant une rencontre prévue lundi soir contre une sélection de joueurs indonésiens.

Elles surviennent aussi une semaine après la tenue de l’élection présidentielle qui a vu, selon des résultats encore partiels, la réélection du président Susilo Bambang Yudhoyono.

Trois militants islamistes ont été exécutés en novembre 2008 pour avoir participé aux attentats ayant fait 202 morts, essentiellement des touristes, dans une station balnéaire de Bali le 12 octobre 2002.

Depuis ces attaques, l’Indonésie a porté des coups sévères à la Jemaah Islamiyah, dont des centaines d’activistes ou sympathisants ont été arrêtés. Mais certains de ses leaders restent introuvables, comme le Malaisien Noordin Mohammad Top, cerveau présumé des attentats du Marriott de Jakarta et de celui de Bali.

Le recours au terrorisme est extrêmement impopulaire dans le plus grand pays musulman du monde, où une majorité des 235 millions d’habitants pratique un islam modéré.