Politique

Tandja maintient le référendum malgré la pression internationale

Le président du Niger Mamadou Tandja a affirmé mercredi soir qu’il ne cèderait pas à la pression de la communauté internationale qui brandit la menace de sanctions contre son pays s’il organise, comme prévu, un référendum pour rester au pouvoir.

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Mis à jour le 23 juillet 2009 à 07:13

"On veut que je recule parce que l’opinion internationale veut que je le fasse, mais je ne le ferai jamais !", a-t-il affirmé à la télévision d’Etat.

"Je n’entends pas que quelqu’un me mette des freins pour m’empêcher d’atteindre l’objectif utile au peuple nigérien", a-t-il prévenu, soulignant qu’il n’était pas venu au pouvoir "pour servir l’opinion internationale".

Pour lui, le Niger doit rester un Etat "indépendant et souverain".

Toujours à la télévision, le chef de l’Etat avait expliqué mardi soir que c’était à la demande du peuple qu’il avait convoqué pour le 4 août un référendum sur une nouvelle Constitution devant lui permettre de rester au pouvoir après la fin de son mandat en décembre.

L’opposition sur le pied de guerre

Selon la Constitution actuelle, il doit céder le pouvoir le 22 décembre, au terme de son deuxième quinquennat consécutif, mais il veut faire adopter une nouvelle Constitution pour rester en place jusqu’en 2012 et pouvoir ensuite se représenter autant qu’il le souhaite.

Ce projet a plongé le pays dans une sérieuse crise politique.

Pour permettre la tenue du référendum, M. Tandja a dissous le Parlement puis la Cour constitutionnelle, a modifié le code électoral et s’est arrogé des "pouvoirs exceptionnels" pour gouverner seul par décrets et ordonnances.

L’opposition a dénoncé "un coup d’Etat" et entend "user de tous les moyens légaux" pour empêcher le référendum.

"Vives préoccupations de la communauté internationale"

Mardi, une délégation de l’ONU, de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), venue à Niamey pour tenter de désamorcer la crise, a rencontré M. Tandja et exprimé "les vives préoccupations de la communauté internationale", selon l’un de ses membres, le président de la commission de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas.

La Cedeao, dont le Niger est membre, a déjà brandi la menace de sanctions allant jusqu’au blocus économique et l’isolement diplomatique.

Au cours de sa visite lundi et mardi, la délégation ONU/UA/Cedeao s’est aussi entretenue avec des représentants de la société civile, le Premier ministre Seïni Oumarou et les chefs de l’opposition regroupée au sein d’un collectif opposé au projet de référendum.