Politique

Malam Bacaï Sanha officiellement vainqueur de la présidentielle

Le candidat du parti au pouvoir, Malam Bacaï Sanha, a remporté le second tour de l’élection présidentielle organisée le 26 juillet en Guinée-Bissau, avec 63,52% des voix, a annoncé mercredi la commission électorale.

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Mis à jour le 29 juillet 2009 à 12:55

Malam Bacaï Sanha, candidat du parti au pouvoir © AFP

"Le candidat Malam Bacaï Sanha ayant obtenu 224. 259 voix, correspondant à 63,52% des voix, est le vainqueur du second tour de l’élection présidentielle", a déclaré lors d’une brève cérémonie le président de la Commission nationale des élections (CNE) Desejado Lima Da Costa.

L’opposant Kumba Yala recueille 36,48% des suffrages et le taux de participation s’élève à 61%, a-t-il précisé.

Ce scrutin anticipé était organisé après une série d’assassinats dont celui début mars du président Joao Bernardo Vieira, quelques heures après la mort du chef d’Etat-major de l’armée, le général Batista Tagmé Na Waïe, dans un attentat à la bombe à Bissau.

"Si dans 48 heures, il n y a aucune réclamation, les résultats provisoires proclamés seront considérés comme définitifs", a indiqué le responsable de la commission. 

"C’est la démocratie qui gagne"

Pour le directeur de campagne du candidat du parti au pouvoir, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, ex-parti unique) Agusto Olivais, "le résultat reflète la maturité politique de notre peuple". "C’est la démocratie qui gagne", a-t-il déclaré.

Le directeur de campagne du candidat du Parti de la rénovation sociale (PRS, opposition) Baltazar Cardoso a pour sa part déclaré: "nous avons entendus les résultats de la CNE que nous allons transmettre au président Kumba Yala qui se prononcera au cours d’une conférence de presse dans sa résidence privée à 12H00" (locales et GMT).

Samedi, à la veille du second tour, les deux candidats -tous deux anciens chefs d’Etat- avaient signé un protocole d’accord pour "respecter les résultats" et "employer les moyens légaux pour résoudre" d’éventuelles contestations électorales.

Ce document prévoit notamment que le perdant ait un statut d’ex-chef d’Etat avec une sécurité personnelle, un protocole et des moyens de transport. 

Aucune irrégularité majeure

Le jour du scrutin, le chef d’Etat-major de l’armée, Zamora Induta, avait demandé aux deux candidats de "recourir aux instances judiciaires en cas de contestation (électorale) pour éviter de créer des perturbations".

"Nous n’accepterons pas que l’ordre public, la stabilité et la paix interne soient remis en cause", avait insisté le général Induta. L’armée est très influente en Guinée-Bissau, un pays aux périodes post-électorales généralement troublées.

Les quelque 150 observateurs internationaux déployés dans les pays n’avaient noté aucune irrégularité majeure lors du scrutin de dimanche, censé apporter un peu de stabilité dans ce pays classé parmi les plus pauvres du monde et déstabilisé par les violences politiques depuis plus d’une décennie.

La Guinée-Bissau est également fragilisée par le trafic de cocaïne sud-américaine en transit vers les marchés européens.