Politique

André Mba Obame, l’autre « fils » d’Omar Bongo

André Mba Obame se considère comme le "fils spirituel" d'Omar Bongo ©

Enfant, André Mba Obame voulait "être prêtre ou président". Longtemps proche du défunt président gabonais Omar Bongo, il brigue sa succession et, après l'annonce vendredi du soutien de plusieurs candidats, se pose en concurrent de poids face à Ali, fils de Bongo.

Visage rond, teint clair, André Mba Obame, 52 ans, croit ferme pouvoir réaliser un de ses rêves d’enfant à l’issue de l’élection présidentielle prévue dimanche au Gabon: "Je n’ai pas pu être prêtre, je vais être président", a-t-il déclaré cette semaine dans un entretien à l’AFP.

Ses partisans le surnomment "AMO", d’après ses initiales, et estiment que cet ancien et puissant ministre de l’Intérieur (2005-2009) est le "sauveur" du Gabon.

Certains le comparent même à Moïse, élevé à la cour du pharaon avant de se retourner contre lui. Il a en effet longtemps travaillé pour le président Bongo, décédé fin juin après 41 ans au pouvoir. Mais il n’a pas hésité à se mettre en lice, en indépendant, contre "son frère jumeau" et ancien ami Ali Bongo, fils aîné du défunt, investi par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir).

"Fils spirituel" de Bongo

Mba Obame lui-même se déclare "fils spirituel" de Bongo. "Pendant 25 ans, j’étais à côté (de lui), de jour comme de nuit. Pendant ce temps-là, certains étaient dans les grands avions pour aller dans les grands pays jouer aux princes, aux fils du président. Mais moi, j’étais là!", a-t-il lancé récemment lors d’un meeting.

Père d’"une famille nombreuse" né le 15 juin 1957 à Medouneu, dans la province du Woleu-Ntem (nord), fief fang – son ethnie, relativement majoritaire dans le pays, il s’est lancé dans la politique lorsqu’il était étudiant. "J’ai commencé à 23 ans, j’ai créé l’opposition en France, c’est moi qui ai lancé le combat pour le retour au multipartisme", assure M. Mba Obame, formé dans son pays, au Canada et en France, où il a obtenu un doctorat en Sciences politiques.

"En 1984, il y a eu un accord avec le président Bongo pour que je rentre et pour qu’on travaille pour l’ouverture politique. En 1984, je suis rentré, on a travaillé (. . . ) et ça a abouti en 1990".

"Prince des Ténèbres"

Son entourage et ses détracteurs tombent d’accord sur une chose: son intelligence. "AMO est un vrai cerveau", dit un de ses proches. "C’est une personne très intelligente", il est "très manipulateur, un vrai animal politique (. . . ). Il n’a pas trop d’éthique, il est redoutable", estime un conseiller à la présidence alors qu’un autre le qualifie de "mauvais génie". "Il a été de tous les coups tordus du régime. Il faisait allumer un feu et après, il allait voir le président (Bongo) et disait: ‘Je connais les meneurs, je peux l’éteindre’".

Des accusations qui lui ont valu de la part de certains le surnom de "Prince des Ténèbres".

A 27 ans, il entre au cabinet du président Bongo. Depuis 1990, il a été plusieurs fois ministre (Droits de l’Homme, Relations avec les institutions, Education, Affaires sociales, Intérieur. . . ), porte-parole du gouvernement.

Aujourd’hui, il prône la rupture avec les pratiques du passé et fustige ses anciens amis du PDG, dont il était pourtant un baron jusqu’à son exclusion officielle, le 14 août. L’annonce, vendredi, du désistement de plusieurs candidats -cinq officiellement confirmés- en sa faveur a donné plus de poids à sa candidature face à celle de son ex-"frère jumeau" Ali Bongo dont il a été le témoin de mariage en 2000.

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