Défense

Calme précaire à Kampala après des manifestations meurtrières

Les affrontements entre forces de l'ordre et partisans d'un souverain traditionnel ont fait au morts ©

La capitale ougandaise a retrouvé un calme relatif vendredi. Kampala avait été le théâtre d'affrontements entre forces de l'ordre et partisans d'un souverain traditionnel qui ont fait au moins cinq morts.

Un calme relatif régnait vendredi à Kampala, où l’armée est venue prêter main forte à la police au lendemain d’affrontements entre forces de l’ordre et partisans d’un souverain traditionnel qui ont fait au moins cinq morts.

"Kampala est calme actuellement. Il y a eu des problèmes ici et là ce matin. Nous avons reçu le renfort de nos amis de l’armée, et la situation s’est normalisée", a indiqué à l’AFP le chef de la police, le major-général Kayihura.

Après une journée de violences jeudi qui ont semé la panique et le chaos dans le centre-ville, les manifestations se sont déplacées dans la nuit vers des quartiers périphériques de la capitale.

Au moins cinq morts

Vendredi matin, des affrontements sporadiques mettaient aux prises jeunes émeutiers qui brûlaient des pneus, érigeaient des barricades sur les routes et jetaient des pierres, aux forces de l’ordre, qui de leur côté tiraient en l’air ou faisaient usage de gaz lacrymogènes.

Quadrillé par la police, le centre-ville est resté désert, et le calme est revenu progressivement au cours de la journée.

Cinq personnes ont été tuées depuis jeudi, selon la police, dans des circonstances qu’elle n’a pas précisées.

Des médias locaux ont fait état d’au moins huit morts, dont un enfant de 12 ans et sa mère, tués par balles. Une autre femme a été tuée par une balle perdue vendredi matin.

L’organisation Human Rights Watch a accusé la police de faire un usage disproportionné de la force, dont des tirs à balles réelles.

"Le gouvernement ne se laissera pas intimider"

Ignorant ces critiques, le major-général Kayihura a averti que les forces de l’ordre "ouvriront le feu sur toute personne qui participe à des attaques des installations de la police".

"Le gouvernement ne se laissera pas intimider par les violences", a prévenu le président Yoweri Museveni, dans une déclaration radio-diffusée.

Les manifestants sont des partisans du Kabaka (roi) Ronald Muwenda Mutebi II, souverain traditionnel des Baganda, l’une des principales tribus ougandaises, implantée dans le sud du pays et majoritaire dans la capitale.

Ils protestent contre les difficultés rencontrées par l’entourage du Kabaka pour organiser un déplacement samedi dans un district au nord-est de Kampala, visite à laquelle s’opposent les membres d’une petite tribu rivale, les Banyala.

La Libye pointée du doigt

Les sujets du Kabaka accusent le gouvernement d’avoir pris partie en faveur des Banyala pour empêcher la visite royale.

Dans son allocution, le président Museveni a déclaré s’être entretenu par téléphone mercredi soir avec le Kabaka, auquel il a indiqué que le rassemblement de samedi "n’aurait pas lieu tant que certaines conditions (. . . ) ne sont pas remplies".

Demandant au roi Mutebi II de "rester éloigné de la politique", le chef de l’Etat ougandais a mis en cause des "éléments étrangers" qui auraient soutenu ceux qui veulent "saboter le gouvernement". Le quotidien New Vision (pro-gouvernemental) accuse nommément la Libye.

Trois radios fermées

Le gouvernement a par ailleurs ordonné la fermeture de trois radios privées, accusées "d’avoir incité aux émeutes", au lendemain de la suspension d’une autre radio locale.

Ces violences illustrent les tensions à l’approche de l’élection présidentielle de 2011, et l’influence politique déterminante du Buganda, premier des royaumes coutumiers du pays.

L’Ouganda actuel tire son nom de l’ancien royaume des Baganda, le Buganda, qui couvrait autrefois les régions les plus au sud du pays, dont Kampala.

De nombreux Baganda, qui révèrent Mutebi II, estiment aujourd’hui être marginalisés par le régime Museveni, qui avait pourtant accepté en 1993 la restauration du Buganda et d’autres petits royaumes, sous le contrôle de l’Etat fédéral.

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