Politique

Présidentielle : Mba Obame dépose un recours contre une « fraude massive »

L'ancien ministre de l'Intérieur accuse la Cenap d'avoir orchestré la fraude ©

L'ex-ministre de l'Intérieur, André Mba Obame, classé 2e à l'élection présidentielle du 30 août au Gabon, remportée par Ali Bongo, a annoncé jeudi avoir déposé un recours en annulation du scrutin, "faussé" selon lui par une "fraude massive".

"Après une dizaine de jours d’investigations et d’analyse des opérations électorales, je suis parvenu à la conclusion incontestable que le scrutin (. . . ) a été faussé par une fraude massive, orchestrée de manière experte par la Cénap (Commission électorale nationale autonome et permanente) au profit du candidat du PDG" (Parti démocratique gabonais), Ali Bongo, a déclaré à la presse M. Mba Obame.

"Je viens de déposer un recours en annulation de ce scrutin devant la Cour Constitutionnelle", a-t-il ajouté, affirmant que "la constatation dans l’urne d’un nombre de lots d’enveloppes accolées supérieur au nombre d’émargements constitue une cause d’annulation totale ou partielle des élections".

Outre M. Mba Obame, trois autres candidats battus ont également déposé un recours pour les mêmes motifs, et d’autres le feront d’ici la date limite fixée à samedi, a annoncé jeudi un collectif de candidats.

La Cénap accusée de fraude

Selon M. Mba Obame, "de manière préméditée, planifiée et organisée, les procès verbaux de plusieurs centaines de bureaux de vote ont été falsifiés avec la complicité des présidents des bureaux de vote".

Selon les résultats officiels, Ali Bongo, fils du président Omar Bongo décédé en juin, a été élu avec 41,73% des voix, devant M. Mba Obame (25,88%) et l’opposant historique Pierre Mamboundou (25,22%), qui revendiquent depuis tous deux la victoire.

"La simple confrontation des procès verbaux et des listes d’émargement (. . . ) est édifiante. Les présidents des bureaux de vote, nommés par la Cénap, ont systématiquement produit des faux en écriture publique au profit du candidat du PDG", a poursuivi M. Mba Obame, ministre de l’Intérieur de 2005 à juin 2009.

"Régression démocratique"

Il demande à la Cour Constitutionnelle de "remettre sur la table les 2815 procès verbaux, les 2815 fiches d’émargement et les 2815 feuilles de dépouillement qui seuls permettent d’établir la réalité de ce qui s’est passé". A compter de la date de limite pour le dépôt des recours, fixée à samedi, la Cour dispose d’un mois maximum pour statuer.

"Trois mois après le décès du président (Omar) Bongo Ondimba, notre pays connaît une régression démocratique jamais observée jusqu’à ce jour. Même aux plus tristes moments du monopartisme, jamais notre pays n’avait connu cela", a par ailleurs dénoncé M. Mba Obame.

Selon l’ancien ministre de l’Intérieur, "les forces de sécurité et de défense (. . . ) procèdent à une répression systématique. Les arrestations arbitraires sont devenues légion au point de créer une véritable psychose dans le pays".

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