Société

Un an avec sursis requis contre Dieudonné pour « injures raciales »

L’humoriste très controversé avait remis sur scène le « prix de l’insolence et de l’infréquentabilité » au révisionniste Robert Faurisson, allant jusqu’à mettre en scène un faux déporté juif. Le tribunal a sanctionné cette injure en requerrant un an de prison avec sursis. Dieudonné a déjà été condamné deux fois pour des déclarations sur l’Holocauste et les Juifs.

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Mis à jour le 23 septembre 2009 à 12:52

Dieudonné M’Bala M’Bala à son procès, le 22 septembre © AFP

Un an de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende ont été requis à l’encontre de l’humoriste Dieudonné jugé mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour "injures raciales" pour avoir remis sur la scène du Zénith "le prix de l’infréquentabilité" à l’historien révisionniste Robert Faurisson.

"En tournant en dérision, en avilissant sciemment, avec une dose de sadisme, les souffrances que la communauté juive a endurées, il m’apparaît que Dieudonné M’Bala M’Bala a blessé, humilié" cette communauté, a estimé le procureur de la République, Anne de Fontette, dans ses réquisitions.

L’humoriste est jugé pour avoir fait remettre par une personne déguisée en déporté juif le 26 décembre sur la scène du Zénith de Paris un "prix de l’infréquentabilité et de l’insolence" à Robert Faurisson. Sur plainte de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), Dieudonné était également cité à comparaître, tout comme Robert Faurisson, pour "contestation de l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité" lors de la même soirée. Le parquet n’avait pas retenu ce motif de poursuite.

"Attentat humoristique"

A propos de cette soirée, l’humoriste a livré un discours contradictoire oscillant entre revendication de son geste, qu’il a qualifié d’"attentat humoristique", et tentative d’en relativiser la portée. Invoquant sa "liberté d’expression", il a totalement assumé une démarche décrite comme "système de promotion de (son) humour" destinée à susciter le débat dans la société "lorsqu’on n’a pas les moyens de se faire entendre".

"Je continuerai à faire ce que je fais sur scène", a-t-il assuré. Il a par ailleurs affirmé qu’il ne connaissait pas les thèses révisionnistes de Robert Faurisson, absent à l’audience, concernant l’Holocauste mais uniquement ses propos mettant en doute le rôle du port sénégalais de Gorée dans le système de la traite des Noirs.

"C’est son infréquentabilité que j’ai mise en scène et pas le contenu de son discours (…). Le négationnisme, ça ne me concerne pas (…), je ne sais pas trop ce qu’est le révisionnisme", a-t-il insisté.

Dieudonné a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ses provocations. La cour d’appel de Paris avait ainsi confirmé le 26 juin 2008 la condamnation de l’humoriste pour avoir assimilé en 2005 la mémoire de la Shoah à de la "pornographie mémorielle". La cour d’appel l’avait également condamné le 15 novembre 2007 pour avoir tenu en 2004 des propos où il comparait les "juifs" à des "négriers". Le jugement a été mis en délibéré au 27 octobre.