Politique

Ehud Olmert devant la justice

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Mis à jour le 25 septembre 2009 à 11:43

Fraude, abus de confiance, évasion fiscale… L’ancien chef du gouvernement israélien, ehud Olmert, devra répondre de ces accusations devant la justice. C’est la première fois qu’un ancien Premier ministre israélien doit faire face à un procès de cette envergure.

L’ancien Premier ministreisraélien Ehud Olmert, inculpé pour une série de malversations, a comparu pour la première fois vendredi devant un tribunal de Jérusalem, un fait sans précédent dans l’histoire de l’Etat d’Israël pour un ancien chef de gouvernement.

Ehud Olmert est inculpé de fraude, d’abus de confiance, usage de faux documents, dissimulation de revenus frauduleux et évasion fiscale. S’adressant à la presse, il a de nouveau clamé son innocence à son entrée dans la salle du tribunal de district de Jérusalem où s’est ouvert son procès.

"Ce n’est pas une journée facile pour moi. Cela fait trois ans que je suis la cible d’une campagne de diffamation quasi inhumaine. Je suis innocent et je suis certain que la Cour me lavera de tout soupçon", a-t-il déclaré.

L’ancien Premier ministre du parti centriste Kadima, qui fêtera ses 64 ans la semaine prochaine, a démissionné de ses fonctions le 21 septembre 2008 après que la police eut recommandé son inculpation dans le "dossier Talansky".

Pas moins de quatre affaires

L’un des chefs d’inculpation retenus contre Ehud Olmert est un scandale de financement illégal de la part de Morris Talansky, un homme d’affaires juif américain, alors qu’Ehud Olmert était maire de Jérusalem entre 1993 et 2003.

La deuxième affaire de prévarication, dite "Rishontours", porte sur des billets d’avion que l’ancien Premier ministre se serait fait rembourser plusieurs fois pour lui-même et des membres de sa famille.

La troisième affaire pour laquelle M. Olmert devra rendre des comptes concerne des nominations de certains de ses proches à des fonctions au Centre d’investissement, un organisme officiel. Ces faits se sont déroulés à l’époque où il était maire de Jérusalem puis ministre de l’Industrie et du Commerce (2003-2006).

Une autre affaire de trafic d’influence le concernant, alors qu’il était ministre de l’Industrie et du Commerce en 2005 et qui concernait la vente des parts de l’Etat dans la Banque Leumi, avait été abandonnée en décembre 2008.

Lieberman également devant la justice

Porté au pouvoir en mars 2006 en remplacement d’Ariel Sharon, le douzième Premier ministre d’Israël a quitté le pouvoir en mars dernier sur un bilan contesté, après avoir été sévèrement critiqué pour sa gestion de la guerre contre le Hezbollah au Liban (12 juillet-14 août 2006).

Il a été remplacé à la tête du gouvernement par le chef du parti Likoud (droite) Benjamin Netanyahu. L’ancienne chef de la diplomatie, Tzipi Livni, lui a succédé à la direction du parti Kadima.

D’autres hommes politiques en Israël ont eu des démêlés avec la justice. La police a ainsi recommandé début août l’inculpation pour corruption et entrave à l’enquête de l’actuel ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman qui a promis de démissionner de ses fonctions s’il était inculpé.

De son côté, le procès pour viol et harcèlement sexuel de l’ex-président Moshé Katzav a repris début septembre à Tel Aviv. Il risque jusqu’à 16 ans de prison s’il est reconnu coupable.