Politique

La Cour constitutionnelle gabonaise refait les comptes

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Mis à jour le 28 septembre 2009 à 17:00

Sous la pression des perdants de l’élection présidentielle gabonaise, la Cour constitutionnelle a accepté de recompter tous les bulletins de vote ce mardi, en présence d’huissiers. A l’issue de ce recomptage, l’élection d’Ali Bongo à la succession de son père pourrait être invalidée.

La Cour constitutionnelle gabonaise procède à partir de ce mardi au recomptage des voix de l’ensemble des bureaux de vote de l’élection présidentielle du 30 août, dans le cadre des recours en annulation du scrutin.

"Le recomptage des suffrages" est prévu "le mardi 29 septembre à partir de 14H00" (13H00 GMT) selon un courrier de la Cour constitutionnelle, avait affirmé samedi dernier Richard Moulomba Mombo, porte-parole de l’opposant historique Pierre Mamboundou, classé 3e au scrutin.

La même information, qui avait été rapportée par l’entourage d’un autre candidat ayant requis l’anonymat, a été confirmée tard samedi par la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo à l’antenne de Radio France Internationale (RFI).

"Comme ça avait déjà été fait par la Cour constitutionnelle au moment de la proclamation des résultats, les procès-verbaux de l’ensemble des bureaux de vote seront vus en présence cette fois-ci des huissiers désignés par des requérants", a expliqué Mme Mborantsuo. "Il s’agit pratiquement d’un dépouillement mais cette fois-ci des procès-verbaux de chaque bureau de vote. S’il y en a 2.800, ce sont les 2.800 qui seront recomptés", a-t-elle ajouté.

Onze recours en annulation

Selon les résultats officiels annoncés le 3 septembre et validés le lendemain par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo, a été élu avec 41,73% des suffrages, devant l’ex-ministre de l’Intérieur André Mba Obame (25,88%) et Pierre Mamboundou (25,22%).

MM. Mba Obame et Mamboundou se déclarent chacun vainqueur de ce scrutin à tour unique, organisé de manière anticipée après le décès, en cours de mandat, d’Omar Bongo qui était depuis 41 ans à la tête du Gabon. La contestation a été marquée par des incidents à Libreville, des émeutes et pillages à Port-Gentil (ouest), capitale économique et fief de l’opposition.

Selon le bilan officiel, les violences ont causé trois morts dans cette ville, placée, depuis, sous couvre-feu. L’opposition a fait état d’un décompte minimum de cinq morts. La Cour constitutionnelle a été saisie au total de onze recours en annulation déposés par neuf candidats et une citoyenne. Elle a jusqu’au 18 octobre pour statuer.