Défense

Six militaires tués en Casamance par des rebelles présumés

Il s'agit des plus lourdes pertes militaires enregistrées depuis trois ans en Casamance ©

Six militaires ont été tués vendredi en Casamance. Ils pourraient avoir été tués par des rebelles de cette région indépendantiste.

Six militaires sénégalais ont été tués vendredi soir dans une attaque menée par des présumés rebelles indépendantistes en Casamance, marquant une détérioration de la situation sécuritaire dans cette région pauvre du sud du Sénégal.

Il s’agit des plus lourdes pertes militaires enregistrées depuis trois ans en Casamance, en proie depuis 1982 à une rébellion indépendantiste, malgré la signature en 2004 d’un accord de paix.

L’attaque a eu lieu "près du village de Sare Boya, situé à 3 km de la frontière" avec la Guinée-Bissau, a indiqué à l’AFP le colonel Ousmane Sar, responsable de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa).

"Il y a eu six morts, trois blessés mais pas de disparu. Depuis trois ans, on n’avait jamais eu un bilan aussi lourd au sein de l’armée", a-t-il ajouté.

Patrouilles intensifiées

"Le véhicule militaire s’est embourbé, a-t-il expliqué, les militaires ont débarqué et les assaillants ont tiré avec des lance-roquettes RPG-7, ils se sont ensuite repliés en direction de la frontière sud", vers la Guinée-Bissau, a-t-il poursuivi. "On a intensifié les patrouilles dans la zone", a-t-il dit.

Selon une source militaire locale, l’attaque est le fait d’"éléments armés supposés appartenir au MFDC".

"C’est la troisième fois que nous subissons des harcèlements sur nos positions" depuis début septembre et "il y a une recrudescence" des violences, a reconnu le responsable de la Dirpa.

"Peut-être qu’il y a des intérêts de certaines factions en jeu et que des gens mal intentionnés essaient d’en profiter", a-t-il avancé.

Recrudescence des violences

Ces violences s’inscrivent dans un contexte de reprises des hostilités entre les rebelles présumés et l’armée, cinq ans après la signature d’un "accord général de paix" entre le gouvernement sénégalais et le MFDC.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une personne avait été tuée et une blessée dans l’attaque d’un taxi collectif par des rebelles présumés, à seulement 6 km de Ziguinchor, la plus grande ville de la région.

En septembre, un soldat grièvement blessé au cours d’une attaque attribuée au MFDC était décédé à l’hôpital de Ziguinchor. Et fin août, deux civils avaient été tués par des hommes armés sur l’axe routier Bignona-Diouloulou.

Début septembre, le président sénégalais Abdoulaye Wade avait annoncé qu’il poursuivrait "les efforts de paix" en Casamance.

"Je déplore les violences et m’incline à la mémoire des militaires et de toutes les victimes civiles. Je poursuivrai les efforts de paix qui nous ont permis de faire des pas décisifs", avait déclaré le chef de l’Etat.

Rébellion éclatée sur plusieurs "fronts"

"Certaines franges, en minorité, entendent attirer l’attention sur elles par des actions d’éclat", avait estimé le chef de l’Etat, sans citer le nom du MFDC.

Moustapha Bassène, responsable du comité des sages pour la paix en Casamance, a affirmé à l’AFP à Ziguinchor que l’Etat sénégalais devait "rapidement initier des négociations avec le MFDC en impliquant la Gambie et la Guinée-Bissau", deux pays voisins de la Casamance.

Selon les observateurs, la rébellion est éclatée en plusieurs "fronts": un front nord, près de la Gambie, un front sud près de la Guinée-Bissau et un front ouest.

Ces différentes factions fonctionnent comme des groupes semi-autonomes et ne coordonnent pas leurs actions ce qui rend toute négociation d’autant plus difficile.

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