Politique

Nigeria : trois chefs rebelles acceptent l’amnistie in extremis

L'offre d'amnisitie expirait ce dimanche ©

Trois chefs rebelles nigérians ont accepté de déposer les armes samedi, la veille de l'expiration d'offre d'aministie du président Umaru Yar'Adua.

Trois hauts commandants d’importants groupes d’insurgés du sud pétrolifère du Nigeria et des milliers de combattants ont accepté une offre d’amnistie gouvernementale et déposé les armes samedi.

Farah Dagogo, un haut commandant du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend), principal groupe armé de la région du delta du Niger, a déposé les armes à quelques heures de l’expiration de l’amnistie offerte par le gouvernement aux rebelles qui depuis trois ans s’en prennent régulièrement aux intérêts pétroliers du pays, a constaté l’AFP.

"Nous rendons toutes les armes qui sont sous notre contrôle direct", a indiqué Farah Dagogo à Port Harcourt, capitale de l’Etat de Rivers, affirmant parler également au nom des commandants de cet Etat.

Ateke Tom, chef du Niger Delta Vigilante, groupe armé formé de membres de l’ethnie Ijaw, et environ 5. 000 de ses hommes, ont remis des centaines d’armes au cours d’une cérémonie dans la même ville.

Promesses

Un troisième commandant rebelle, Government Ekpemupolo, connu sous le nom de Tompolo, a lui aussi accepté l’offre d’amnistie à l’issue d’une rencontre avec le président nigérian, Umaru Yar’Adua, plus tard dans la soirée.

Bien qu’allié au Mend, Tombolo dirige la Fédération des communautés Ijaw du delta du Niger (FNDIC), basée dans la ville de Warri.

Confronté à une chute brutale de la production pétrolière du fait des sabotages d’installations et enlèvements d’expatriés, Yar’Adua s’est résolu en juin dernier, après avoir tenté l’option militaire, à offrir une amnistie aux groupes armés qui affirment agir pour une plus juste répartition de la manne pétrolière en faveur des populations pauvres de la région.

Les violences ont fait chuter la production de brut du Nigeria de 2,6 millions de barils par jour (mbj) en 2006 à 1,7 million actuellement.

"Moi et mon peuple nous acceptons l’offre d’amnistie. Je vais travailler avec le président pour que les rêves de ce pays soient réalité", a assuré Tompolo à l’issue de sa rencontre avec le président.

"Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que notre terre soit une source de paix et de développement et non une cause de crise. Je lance un appel ce soir pour que notre eau et notre pétrole soient une bénédiction et non une malédiction", a affirmé Yar’adua.

"Processus de désarmement frauduleux"

En déposant les armes, Ateke Tom a quant à lui prévenu que ses combattants "retourneraient dans les criques" et reprendraient leurs attaques si les autorités ne tenaient pas leur promesse de développer la région.

Le Mend a rejeté l’amnistie comme une mascarade. "Tous les commandants ont été remplacés" et "la prochaine phase de notre campagne commencera bientôt", a-t-il indiqué dans un communiqué.

"Le dialogue conduira à un règlement juste et à la paix, pas le processus de désarmement frauduleux", actuellement en cours, avait estimé lundi son leader présumé, Henry Okah, ajoutant que la violence était "loin d’être terminée".

Le Mend avait nommé une équipe de médiateurs en vue d’un dialogue avec les autorités et d’un désarmement, mais sous conditions.

Annoncée par Yar’Adua le 25 juin, l’offre d’amnistie inconditionnelle aux rebelles qui déposeraient leurs armes est entrée en vigueur le 6 août et expirait dimanche.

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