Politique

Botswana : législatives sur fond de crise économique

Les Botswanais élisent vendredi leur nouveau parlement qui devrait rester dominé par le parti sortant, mais avec plus de difficultés, en raison d’un mécontentement croissant lié à la crise économique.

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Mis à jour le 15 octobre 2009 à 14:14

Le mécontentement lié à la crise économique va croissant

Près de 725. 000 électeurs sur 1,9 million d’habitants se rendent aux urnes depuis 04H30 GMT pour élire 57 députés qui choisiront ensuite le président de ce pays d’Afrique australe très riche en diamants.

Sept partis et 15 candidats indépendants sont en lice.

Le scrutin oppose principalement le Parti démocratique du Botswana (BDP), au pouvoir depuis l’indépendance de l’ancienne colonie britannique en 1966 au Front national du Botswana (BNF), qui avait remporté 26% des suffrages en 2004. "Le BDP devrait nettement gagner les élections, parce qu’il jouit toujours du large soutien des zone rurales", a expliqué à l’AFP Dithapelo Keorapetse de l’Université du Botswana.

Mais sa majorité pourrait souffrir des difficultés économiques que le pays, un modèle de stabilité et de bonne gouvernance, traverse depuis un an.

Croissance négative prévue en 2009

Grâce à ses ressources en diamants, le Botswana a eu en moyenne 9% de croissance annuelle jusqu’en 2006. Mais la crise mondiale a fait chuter la demande en pierres précieuses et le pays devrait connaître une croissance négative, à -12%, en 2009.

La chute des recettes a commencé à peser sur les programmes sociaux du gouvernement et à affecter les 47% de la population qui vivent toujours avec moins de un dollar par jour. L’inquiétude porte surtout sur la lutte anti-sida alors qu’un adulte sur quatre est porteur du VIH.

Le BDP risque aussi de payer pour ses dissensions internes générées par le style autoritaire du président Ian Khama. L’ancien militaire de 56 ans s’est aliéné certains membres du parti en prenant seul certaines décisions et en limogeant de hauts responsables.

"Contrairement à ce que certains disent, je ne suis pas un dictateur, mais quelqu’un qui croit aux vertus du travail", a-t-il répondu lors de son dernier rassemblement de campagne, jeudi à Gaborone.