Politique

Niger : le parti de Tandja remporte une victoire écrasante aux législatives

Le parti au pouvoir au Niger a remporté une écrasante victoire aux élections législatives de mardi boycottées par l’opposition et dénoncées par la communauté internationale, selon des résultats globaux proclamés samedi.

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Mis à jour le 24 octobre 2009 à 20:17

Le président du Niger, Mamadou Tanja, vote à Niamey, le 20 octobre 2009 © AFP

Sur les 113 sièges du Parlement, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir) en a obtenu 76, a annoncé le président de la Commission électorale indépendante (Céni), Moumouni Hamidou.

Le boycott de l’opposition a permis au MNSD d’augmenter ses sièges, puisqu’il n’en disposait que de 47 dans le précédent Parlement dissout par le président Mamadou Tandja pour s’être opposé à son maintien au pouvoir au delà de la fin de son mandat en décembre. La Céni a fait état d’un taux de participation de 51,27 % sur les quelque 6 millions d’électeurs inscrits.

Les députés sont élus pour 5 ans. La Cour constitutionnelle dispose de 15 jours pour valider ces résultats.

Accusation de fraudes

Plusieurs candidats malheureux accusent le MNSD de "fraudes massives", mais n’ont pas saisi la Cour.

Cinq autres formations, toutes proches du pouvoir, seront aussi représentées au Parlement: le Rassemblement social démocrate (RSD, 15 députés), le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP, 7 élus), le parti Alkalami, le Parti nigérien des masses pour le travail (PMT) et le Parti nigérien pour l’auto-gestion (PNA) avec un siège chacun.

Le RSD a plus que doublé son score (7 élus dans le parlement dissout) et le RDP du défunt président Ibrahim Baré Maïnassara en a conquis un supplémentaire. Le scrutin a surtout vu une percée des candidats indépendants qui vont, pour la toute première fois, siéger dans à l’hémicyle avec 12 élus.

La communauté internationale sévit

La tenue des législatives, unaniment critiquées, a entraîné la suspension automatique du Niger de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie.

La Cédéao a d’ailleurs affirmé qu’elle ne reconnaîtra pas les résultats de ce scrutin.

L’Union européenne (UE) a de son côté réitéré jeudi qu’elle suspendra sa coopération si les autorités du Niger ne restauraient pas l’ordre constitutionnel bouleversé depuis le référendum le 4 août qui a permis à M. Tandja de prolonger de trois ans son mandat qui expire en décembre, malgré des condamnations tant au Niger qu’à l’étranger.

Comme la Cédéao, l’UE, gros bailleur de fonds du Niger, avait demandé le report des législatives et mis en garde contre son "impact négatif sur les relations du Niger avec l’Union européenne". Bruxelles avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum contesté.

Pour arriver à ses fins, M. Tandja avait dissout le Parlement et la Cour constitutionnelle qui s’opposaient à son projet.