Politique

Elections en Tunisie : des opposants dénoncent des « irrégularités »

| Par AFP
Le parti d'Ahmed Brahim n'aura que deux sièges au parlement

Le parti d'Ahmed Brahim n'aura que deux sièges au parlement ©

Des partis d’opposition ont dénoncé mercredi des « irrégularités » lors des élections générales de dimanche en Tunisie, sans pour autant contester la victoire du président Zine El Abidine Ben Ali.

« Nous avons enregistré des irrégularités en bloc et en détail », a déclaré à la presse Mustapha Ben Jaafar, chef du Forum démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL, légal).

« C’était plus que surprenant », a-t-il ajouté, évoquant « en exemple » le fait qu’un seul observateur sur 14 proposés par son parti à Bizerte (nord) ait été autorisé à suivre l’opération.

Ecarté de la présidentielle, M. Ben Jaafar avait vu les listes de son parti amputées de moitié aux législatives et n’a obtenu aucun siège au parlement.

« Le problème n’est tant dans les chiffres que dans la mentalité de ceux qui ont pris l’habitude de jouer seuls », a-t-il regretté, en référence au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir).

« Aucun enjeu électoral »

« Les résultats de la présidentielle étaient attendus dans la mesure où cette élection ne présentait aucun enjeu électoral », a affirmé Ahmed Brahim, justifiant la reconduite de M. Ben Ali à 89,62% des voix.

Ce candidat malheureux à la présidentielle a obtenu 1,57% des voix sous l’étiquette d’une coalition de gauche autour de son parti Ettajdid (légal).

Son parti n’aura que deux sièges au parlement.

« Les élections ont été une nouvelle occasion manquée, les résultats ne reflètant guère la réalité des forces en présence », a-t-il estimé.

Selon lui, « le parlement sera contrôlé à 99,2% par le RCD et ses alliés ».

Le RCD a remporté 161 sièges dans la Chambre des députés sur un total de 214, les 53 restants revenant essentiellement aux partis proches du pouvoir, qui ont exprimé leur satisfaction.

« Livre blanc » sur les « irrégularités »

Ettajid et ses alliés publieront un « livre blanc » sur les « irrégularités » ayant entaché le scrutin, selon eux, mais n’envisagent aucun recours constitutionnel.

« Ces irrégularités ne sont pas de nature à changer les résultats de la présidentielle que nous ne contestons pas », a précisé Jouneidi Abdeljawad, dirigeant d’Ettajdid.

Celui-ci a énuméré des entorses au code électoral, un bourrage des urnes (Monastir), un dépouillement irrégulier et diverses formes d’intimidation à l’égard des électeurs et des observateurs.

Ces opposants qui ont aligné 100 scrutateurs pour 11. 830 bureaux de vote, ont estimé qu’aucun « scrutin démocratique ne sera possible tant que subsistera la confusion entre l’administration et le parti au pouvoir ».

Ils ont réitéré leur exigence d’une instance autonome pour organiser les élections à la place du ministère de l’Intérieur, selon eux, « juge et partie ».

Le ministre de l’Intérieur, Rafik Haj Kacem, avait affirmé lundi que le scrutin s’était déroulé « dans la transparence, aucune objection sérieuse n’ayant été signalée ».

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