Politique

Niger : l’opposant Mahamadou Issoufou « à la disposition de la justice »

Mahamadou Issoufou, principal opposant du président nigérien Mamadou Tandja et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, est rentré au Niger pour se mettre « à la disposition de la justice », a-t-il indiqué samedi dans les médias privés.

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Mis à jour le 1 novembre 2009 à 10:30

L’opposant Mahamadou Issoufou est accusé de blanchiment de capitaux © AFP

"Dès que j’ai appris qu’un mandat d’arrêt avait été lancé contre moi, j’ai décidé de rentrer pour me mettre à la disposition de la justice", a déclaré l’opposant, accueilli vendredi soir à l’aéroport de Niamey par des milliers de partisans qui l’ont escorté jusqu’à sa résidence. Il arrivait d’Abuja, la capitale nigériane, où il avait effectué un séjour.

Des mandats d’arrêts internationaux ont été délivrés jeudi contre Issoufou et l’ex-Premier ministre, Hama Amadou, pour un présumé "blanchiment de capitaux", selon Garba Lompo, ministre nigérien de la Justice.

Les deux opposants sont accusés d’avoir fait "circuler des sommes très importantes d’origine douteuse dans des comptes en Afrique et en Europe", a dit le ministre. M. Lompo n’a pas chiffré ces sommes mais indiqué avoir saisi Interpol.

"Traîtres et apatrides"

Mahamadou Issoufou et Hama Amadou sont opposés au maintien au pouvoir du président Tandja, 71 ans, qui a obtenu par le biais d’un référendum constitutionnel très controversé de rester en fonction jusqu’en 2012 au lieu de se retirer en décembre 2009 comme initialement prévu. Pour arriver à ses fins, M. Tandja avait dissout le Parlement et la Cour constitutionnelle qui s’opposaient à son projet.

Hama Amadou et Mahamadou Issoufou ainsi que le président du Parlement dissout, Mahamane Ousmane, également accusé de "blanchiment de capitaux", font actuellement l’objet d’une campagne menée par les partisans du président Tandja sur les médias d’Etat où ils sont qualifiés de "traîtres et d’apatrides" pour un présumé "rôle" dans la suspension du Niger par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Déjà opposée au référendum, la Cédéao a suspendu le Niger qui a tenu des législatives controversées et affirmé qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats du scrutin boycotté par l’opposition. La Cédéao demande à M. Tandja d’ouvrir le dialogue avec ses opposants.