Politique

Cinquième anniversaire des affrontements Patriotes-armée française

Les patriotes ivoiriens, partisans du président Laurent Gbagbo, ont commémoré lundi à Abidjan le cinquième anniversaire des affrontements meurtriers avec l’armée française, « sans haine » envers Paris, mais en exigeant réparation, a constaté une journaliste de l’AFP.

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Mis à jour le 10 novembre 2009 à 07:44

Quelques centaines de personnes ont demandé réparation à la France

Réunis dans le calme devant l’hôtel Ivoire, l’un des lieux symboles des événements de novembre 2004, quelques centaines de personnes ont demandé "réparation à la France".

"Nous célébrons cet anniversaire sans haine aucune mais avec beaucoup de souvenirs", a affirmé Charles Blé Goudé, leader des Patriotes, lors de ce rassemblement.

"Ce jour-là (9 novembre 2004, ndlr), cette France que nous avons connue, la France des Droits de l’Homme s’est éloignée de ses propres valeurs", a-t-il déclaré.

De son côté, le président Gbagbo dans un communiqué, a salué "les héros de la liberté", affirmant qu’il ne les "oublierait jamais".

57 civils ivoiriens tués

Les tensions entre la France et la Côte d’Ivoire, pays en crise depuis le coup d’Etat manqué de septembre 2002, avaient atteint en novembre 2004 leur paroxysme avec des affrontements meurtriers entre l’armée française et des manifestants ivoiriens.

Entre les 6 et 9 novembre 2004, 57 civils ivoiriens sont tués et plus de 2. 000 blessés par l’armée française, selon Abidjan. Victimes des pillages et d’exactions, 8. 000 Français quittent précipitamment le pays.

Les images de soldats français ouvrant le feu sur des manifestants devant l’hôtel Ivoire le 9 novembre, qui passent en boucle, renvoient aux épisodes coloniaux les plus sombres.

Depuis lors, les relations se sont peu à peu réchauffées, jusqu’à ce que sonne officiellement l’heure de la "normalisation" avec l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007.