Politique

La rébellion ougandaise LRA toujours dans le collimateur de l’ONU

Le conseil de sécurité de l’ONU a condamné hier les exactions continuelles commises les rebelles ougandais en République Démocratique du Congo, en République Centrafricaine et au Soudan.

Par
Mis à jour le 18 novembre 2009 à 09:23

Le chef de la LRA, Joseph Kony, le 12 novembre 2006 à Ri-Kwamba, dans le Sud-Soudan © AFP

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné mardi les exactions continuelles commises dans toute la région des Grands Lacs africains par la rébellion ougandaise de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), l’une des guérillas les plus brutales au monde.

Les 15 membres du Conseil "ont fermement condamné les attaques continuelles et croissantes commises par la LRA en République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine (RCA) et au Soudan, qui se sont soldées par la mort, l’enlèvement ou le déplacement de milliers de civils", a déclaré à la presse l’ambassadeur d’Autriche, Thomas Mayr-Harting, président du Conseil en novembre.

Coopération entre les Etats

Ils se sont félicités de la "coopération accrue" entre les Etats de la région "face à la menace posée par la LRA" et les ont encouragés à coopérer avec l’ONU, afin "de faire tous les efforts possibles pour protéger les civils", a poursuivi l’ambassadeur.

De même, ils ont appelé les missions de l’ONU dans toute la région à "coordonner leurs stratégies et leurs informations pour la protection des civils, à la lumière des attaques commises par la LRA".

Parmi ces missions, sont citées la Monuc (RDCongo), la Minus (Sud-Soudan), la Minuad (Darfour), le Bonuca (Centrafrique) et la Minurcat (Tchad et Centrafrique).

Joseph Kony court toujours

Dirigée par Joseph Kony, la LRA est apparue en 1988 dans le nord de l’Ouganda. Depuis 2005, ses combattants se sont éloignés de leurs bases pour s’intaller dans l’extrême nord-est de la RDC.

Les armées ougandaise et congolaise ont mené de décembre 2008 à mars dernier, avec le soutien du Sud-Soudan, une vaste offensive qui a échoué à capturer Kony ou à neutraliser son mouvement dans cette partie très isolée de l’ex-Zaïre.

La LRA a multiplié depuis lors les attaques contre les populations, en RDC et dans l’est de la Centrafrique.

Au Sud-Soudan, des hommes de la LRA ont attaqué cette année des points de distribution d’aide alimentaire, tué des centaines de civils, kidnappé des enfants et forcé le déplacement de milliers de personnes dans la région d’Equateur-Occidental.

Deux incidents ayant peut-être impliqué des hommes de Joseph Kony ont été recensés au cours des dernières semaines dans la région sudiste voisine du Bahr al-Ghazal Occidental, qui jouxte la Centrafrique et le Darfour, ce qui a alimenté les spéculations sur une migration de la LRA vers le Darfour.

Joseph Kony et ses deux principaux adjoints sont recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre.