Politique

Tony Blair savait la guerre en Irak illégale

| Par AFP
L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair à Londres le 18 novembre 2009

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair à Londres le 18 novembre 2009 © AFP

En pleine commission d’enquête sur l’engagement britannique en Irak, la presse d’outre-Manche révèle que Tony Blair avait été mis au courant de « l’illégalité » d’une tentative de renversement de Saddam Husein par une lettre. Dont il a refusé de tenir compte.

Selon l’édition de dimanche du Mail On Sunday, le principal conseiller juridique du gouvernement britannique avait informé en 2002 le Premier ministre de l’époque, Tony Blair, que renverser le numéro un irakien d’alors, Saddam Hussein serait contraire aux lois internationales.
Peter Goldsmith, à l’époque Procureur général (Attorney General, chef du Parquet et principal conseiller du gouvernement en matière légale) l’a écrit à Tony Blair huit mois avant le début de l’invasion de l’Irak, mais ce dernier n’en n’a pas tenu compte, selon l’édition dominicale du quotidien britannique Daily Mail.
Selon le journal, la commission d’enquête sur l’engagement britannique en Irak, qui a débuté ses travaux fin novembre, est en possession de cette lettre.

Déterminés à un changement de régime en Irak
L’hebdomadaire affirme que M. Goldsmith a été contraint au silence après avoir tenté de dissuader Tony Blair d’apporter son soutien à la guerre en Irak.
Il a écrit cette lettre après une réunion du Cabinet, le 23 juillet 2002, au cours de laquelle les ministres ont été secrètement informés que Londres et Washington étaient déterminé à "un changement de régime" en Irak, selon le journal.
Présent à la réunion, il avait fortement marqué son désaccord et le 29 avait écrit à M. Blair, un de ses proches amis, que la guerre ne pouvait être justifiée sur les simples bases d’un "changement de régime", explique l’article.

Tony Blair « fou furieux »
Bien que les règles de l’ONU permettent "une intervention militaire sur la base de la légitime défense", elles ne s’appliquent pas au cas de l’Irak, car la Grande-Bretagne n’est pas menacée par Saddam Hussein, avait-il écrit.
Un ami, anonyme, de M. Goldsmith, a affirmé au journal que M. Blair était devenu "fou furieux" en recevant la lettre et a ajouté que M. Goldsmith avait été soumis à de telles pressions de la part du cercle rapproché du Premier ministre qu’il avait menacé de démissionner. Peter Goldsmith avait finalement fourni des arguments juridiques au conflit, quelques jours avant son déclenchement en mars 2003, dans un exposé bref et très prudemment rédigé.

La commission d’enquête, présidée par Sir John Chilcot, un haut fonctionnaire en retraite, tiendra des auditions publiques jusqu’en février 2010 et rendra son rapport d’ici la fin de la même année. MM. Goldsmith et Blair doivent être entendus au début de l’an prochain.

 

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer